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L’amiral Yi Sun-Shin (이순신, 李舜臣)
(1545 – 1598)

Amiral Yi Sun-Shin

Il incarne la stratégie, le courage et la loyauté envers le pays. Et pour cause. Né le 28 avril 1545 d’un père lettré mais sans ambition politique, il entra dans l’armée à 31 ans, gravit tous les échelons un à un pour finir à 46 ans, en 1591, général en chef de la flotte. Un an avant que Hideyoshi, tel un tsunami, ne remonte toute la péninsule.

Sa stratégie fut de harceler la flotte japonaise pour l’empêcher d’approvisionner correctement les forces débarquées. Cette stratégie paya et les Japonais ne furent jamais assez forts pour envahir la Chine.

Il avait aussi un ascendant certain sur ses hommes et savait les galvaniser et les préparer à lutter. Il inventa les fameux bateaux-tortues dans la discrétion des ports de Yeosu (여수), Namhæ (남해) et Chungmu (충무). Ces bateaux, tels des cuirassiers, étaient recouverts de plaques de fer pour parer les flèches enflammées, avec des pointes sur le pont pour déjouer un éventuel abordage. Seules ouvertures : pour les canons… (c’était la partie stratégie)

De victoire en victoire, Yi Sun-Shin devenait un homme important, ce qui ne lui assura pas que des amitiés à Séoul (pardon, à Hanyang). En 1597, il est accusé faussement de trahison, destitué, ramené à Hanyang, où il y est enchaîné. Résultat : la flotte coréenne commence à avoir de sérieux problèmes face aux Japonais. L’urgence est telle qu’il est finalement et très rapidement réhabilité par le roi. Malgré le mal qu’on lui a fait (et Amnesty International n’a que peu évoqué les geôles de cette époque en Corée…), il repart donc en campagne, les combats dureront encore un an. (c’était la partie loyauté)

La bataille qui allait rompre l’équilibre en faveur des Coréens est connue pour être un modèle de stratégie (on se croirait dans les guerres du Péloponnèse !). Apprenant que 500 bateaux japonais allaient aider le général japonais Konishi qui était dans la mouise à Suncheon (순천), il envoya quelques bateaux-tortues en embuscade où est maintenant le pont suspendu entre l’île de Namhæ et le Sud de la péninsule, dans le détroit de Noryang (노량). Il en coula comme ça 300, des navires japonais. Mais malheureusement, il fut blessé pendant la bataille. Il cacha alors sa blessure pour ne pas décourager ses troupes et continua de combattre jusqu’à la mort, car c’était elle, qui l’attendait ce jour-là, le 19 novembre 1598. (c’était la partie courage)

Comme tout grand homme, on lui a donné, selon une tradition venue de Chine, un titre posthume : Seigneur de Loyauté et de Chevalerie : Chungmugong (충무공, 忠武公). C’est ce nom qui est utilisé pour le 3e plus haut honneur militaire coréen : le Cordon de Chungmu de l’Ordre du mérite et de la valeur militaires. Et si vous vous étonniez que ce grand homme n’aie pas de rue à son nom, vous voici rassuré : Chungmuro (충무로, 忠武路), avec une station de métro homonyme, est bien la rue Chungmu, la rue Yi Sun-Shin

Si vous passez par l’avenue Séjong (세종로), qui va au palais Gyeongbok (경복궁) à Séoul, vous ne pourrez pas manquer sa statue, de même que si vous visitez le Mémorial de la guerre, toujours à Séoul, vous ne pourrez pas manquer de voir une reproduction d’un bateau-tortue grandeur nature. Une autre se trouve à quai sur le fleuve Han. Enfin, ne manquez pas de visiter à 6 km de Onyang (온양), à l’ouest de la péninsule, le mausolée Hyeonchung (Hyeonchungsa, 현충사) qui lui est dédié.