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L’Après-guerre

Fin de la Ire République
(1960)

Le pays est ruiné, et Syngman Rhee laisse le régime se corrompre et devenir autoritaire, sans vraiment de perspective. Les élections sont truquées et diverses magouilles lui permettent de se maintenir au pouvoir. En 1960, il gagne les élections à 85 ans avec 89 % des voix. Des milliers d’étudiants manifestent alors dans les rues. L’armée tire. 300 morts. Alors les professeurs descendent aussi dans la rue. Vu leur haut statut en regard de la société confucéenne, la police n’ose tirer. Syngman Rhee se doit alors de démissionner. Il finira ses jours à Hawaï, où il mourra 5 ans plus tard.

IIe République
(1960 – 1963)

Yun PosonDes élections sont organisées et le parti démocrate remporte une victoire écrasante, Yun Poson (윤보선) est alors élu président de la IIe République. Mais l’administration est tellement pourrie de corruption que le gouvernement ne peut reconstruire le pays. L’armée réagit alors et le 15 mai 1961, sous le commandement du général Park Chung-Hee (박정희), prend le pouvoir, et Park Chung-Hee devient chef du Conseil pour la reconstruction nationale. Le gouvernement militaire dura deux ans, le temps d’évincer l’opposition et de prendre le contrôle de la vie économique et sociale. Avec l’aide financière des États-Unis, il mit en place le premier plan quinquennal de développement.

 

IIIe et IVe Républiques
(1963 – 1979)

Park Chung-HeeEn 1963, des élections sont organisées et Park Chung-Hee est élu le 15 octobre à la tête du nouveau gouvernement civil de la troisième république.

Le pays est alors dirigé d’une main de fer. L’effort demandé aux Coréens pour la reconstruction du pays est énorme. Utilisant la loyauté confucéenne, exaltant le nationalisme, il fait travailler les Coréens à des cadences effrénées, dans des conditions de sécurité précaires, avec des horaires à faire hurler même un insomniaque. Une génération entière est sacrifiée. Mais les résultats sont là. La Corée se reconstruit et se développe à un rythme hallucinant.

Park Chung-Hee est réélu facilement en 1967, modifie la constitution en 1969 pour avoir le droit à un 3e mandat obtenu par 51,2 % des voix en 1971 contre 45 % pour un certain Kim Dæ-Jung (김대중). Toujours en 1971, Kim Dæ-Jung échappe à un attentat déguisé en accident de la circulation. C’est depuis ce jour-là que Kim Dæ-Jung boite.

Car Park Chung-Hee est inquiet de la remonté des partis d’opposition, et fait voter une nouvelle constitution instaurant un mandat présidentiel de 6 ans indéfiniment renouvelable et se retrouve élu président de la IVe République en décembre 1972. Le régime se fera alors plus dur et les atteintes au droit de l’homme plus nombreuses. (Kim Dæ-Jung sera exilé à Tokyo le 8 août 1973, puis enlevé et ramené en Corée par les services secrets coréens). Le 15 août, Park Chung-Hee échappe à un attentat, sa femme y laissera la vie. La répression s’intensifie. En 1975, Kim Dæ-Jung est condamné à 5 ans de prison. Des dizaines d’opposants sont emprisonnés.

Le 7 juillet 1978, Park Chung-Hee est réélu président. Le 22 décembre, Kim Dæ-Jung est libéré, 5368 prisonniers sont amnistiés. Le 26 octobre, 1979 Park Chung-Hee est assassiné par son directeur de la sécurité (motif : Park Chung-Hee voulait prendre ses distances vis-à-vis des Américains).

Ve République
(1979 – 1988)

Choi Kyu-Ha (최규하), premier ministre, devient président par intérim. Mais il n’a pas le temps de purger l’armée, car le 12 décembre, le général Chun Doo-Hwan (전두환) aidé par le général Roh Tæ-woo (노태우) prend le pouvoir. La loi martiale est instaurée. Le 17 mai 1980, Kim Dæ-Jung est condamné à mort (sa peine sera commuée en 20 ans de prison sous la pression internationale). Le 20 mai, des émeutes ont lieu à Gwangju (voir carte), sa ville d’origine. La répression est terrible. L’armée (une division venue de la province du Gyeongsang) tire sur la foule. Au moins 200 morts, peut-être même jusqu’à 2 000.

Il faut dire que Gwangju a toujours été une ville d’agitation. À cela il faut aussi ajouter que Gwangju est la ville principale de la province du Jeolla. Or les provinces du Jeolla et du Gyeongsang (dont Dægu et Busan (voir carte) sont les villes principales) se détestent (et c’est peu de le dire) et les généraux, jusqu’à Kim Young-Sam (voir plus bas), sont tous natifs du Gyeongsang. Gwangju et le Jeolla ont donc toujours été les derniers à être servis lors du développement de la Corée.

Chun Doo-HwanLe 27 août, Chun Doo-Hwan est élu président. 57 000 « antisociaux » seront arrêtés, 3 000 iront en prison. Le 24 octobre, la loi martiale est levée. Le 3 mars 1981, Chun Doo-Hwan est élu président de la Ve République. Le 16 décembre 1982, Kim Dæ-Jung sera expulsé vers les USA pour raisons de santé. Il rentrera le 8 février 1985.

Le régime poursuit le développement de la Corée, s’asseyant sur les droits de l’homme et réprimant durement les nombreuses manifestations étudiantes. Lors des manifestations du 11 au 15 juin 1987, les autorités catholiques et bouddhistes, considérées comme gardiennes de la nation, mettent en garde Chun Doo-Hwan. Celui-ci, le 29, promet une libéralisation, qui devient nécessaire à l’approche des jeux olympiques de Séoul (1988). En juillet, 2 000 prisonniers sont libérés.

VIe République
(1988)

Roh Tae-WooLe 27 décembre, un référendum sur une nouvelle constitution donne 93 % des voix pour et donc la VIe République commence le 25 février 1988, avec à sa tête Roh Tæ-woo élu au suffrage universel par 36,7 % des voix pour un mandat, d’après la nouvelle constitution, de 5 ans, non renouvelable. Des manifestations contre l’ancien président Chun continuent, si bien que celui-ci finira par confesser des atteintes aux droits de l’homme (« camps d’entraînement » tenus par l’armée où ont été envoyés des milliers de délinquants, centres de « bien-être » pour vagabonds, handicapés et enfants abandonnés, 2 254 militaires suicidés après mesures disciplinaires, et 180 tués par leurs supérieurs) ainsi que la corruption dont il a été le bénéficiaire. Roh Tæ-woo tentera de calmer les choses en demandant le pardon pour Chun Doo-Hwan. Les manifestations continueront, sporadiques, toujours violentes. La corruption restera omniprésente, les droits de l’homme toujours mis entre parenthèses, malgré des libérations çà et là de prisonniers (le 12 Août 1989, Kim Dæ-Jung sera accusé d’avoir reçu de l’argent du Nord).

Le 25 février 1993, Kim Young-Sam (김영삼) est le premier président civil à être élu depuis 30 ans. La corruption ravage toujours le pays, et sa gestion sera plus que remise en doute par de la crise de 1997, mais son travail sur le plan international est indéniable, surtout, il organisera pour la première fois des élections présidentielles loyales, est c’est ainsi que le 18 décembre 1997, en pleine crise asiatique, Kim Dae-Jung le dissident, nommé 11 fois pour le prix Nobel de la paix, est élu président. Depuis, sa gestion a porté ses fruits, puisque la Corée est de nouveau sur les rails économiquement, les progrès en matière de droits de l’homme et de démocratie sont indéniables, il s’est attelé à la lutte contre la corruption, et a donc commencé à assainir les finances publiques et privées, bien que beaucoup reste à faire… Il a aussi tenté de mettre fin à la rivalité et à la haine entre les provinces du Gyeongsang et du Jeolla. Enfin, sa politique d’ouverture envers la Corée du Nord, constante (ce qui est une nouveauté), a porté ses fruits, avec notamment le sommet intercoréen en 2000. Il obtient aussi le Prix Nobel de la Paix en 2000 pour ses efforts de rapprochement, ainsi que pour son passé de lutte pour les droits de l’homme (il a souvent été considéré comme un Nelson Mandela asiatique).

En 2003, c’est Roh Moo-hyun (노무현) qui est président. Puis Lee Myung-bak (이명박) en 2008. Quant à la suite, ce n’est plus de l’histoire mais de l’actualité…