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La Guerre de Corée (1950 – 1953)

C’est à cause de la guerre de Corée que ce pays est souvent confondu avec le Viêt-Nam, notamment du point de vue du climat, de la végétation et du relief, alors que ces deux pays n’ont rien en commun de ce point de vue.

Pendant qu’au Sud les modérés essayaient de convaincre Syngman Rhee d’ouvrir le dialogue avec le Nord en vue d’une réunification (il faut dire que les Américains commencent à prendre leurs distances vis-à-vis de Syngman Rhee, dont les méthodes se rapprochent plus du fascisme que de la démocratie (140 000 opposants en prison, dont 14 députés !), dont l’administration est corrompue et dont l’incapacité économique devient inquiétante), le Nord levait une armée, ayant décidé la réunification par des moyens plus expéditifs. Et c’est sans sommation que la frontière est franchie le 25 juin 1950. L’armée Sud-Coréenne mal préparée et sous-équipé abandonne Séoul et doit se réfugier à Dægu (voir carte). Le 27 juin, les Nations unies réagissent et demandent aux états membres d’envoyer des troupes soutenir le Sud. Les Américains seront les premiers à réagir en envoyant des hommes accompagnés par le général MacArthur, ils seront rejoints par quinze autres nations.

Tout commença mal avec des lourdes pertes, tout le monde s’étant réfugié dans une petite zone autour de Busan (voir carte), ce qui montre à quel point la situation était désespérée le 4 août… Mais c’est alors que toutes ces armées parviennent à infliger de lourdes pertes (60 000 hommes) aux Nord-Coréens.

Puis MacArthur décida de prendre tout le monde à revers en faisant un débarquement à Incheon (인천 : prononcez « ine tchone ») à l’ouest de Séoul (voir carte). En effet, les armées Nord-Coréennes, si elles étaient efficaces en offensive, n’avaient pas bien prévu de défense à l’arrière. Le 28 septembre, Séoul est reprise. Pensant que la Chine ne s’engagera pas dans le conflit, les Américains pensent que c’est là l’occasion rêvée de réunifier la Corée. Toute la péninsule est bientôt reconquise et MacArthur se dirige vers le Nord : vers la Chine. Erreur des Américains, qui n’ont pas considéré les leçons de l’Histoire qui disait que jamais la Chine n’avait toléré à ses frontières un gouvernement qu’elle n’approuvait pas. Celle-ci réagit et le 24 novembre envoie 300 000 hommes prêter main-forte aux Nord-Coréens. MacArthur doit battre en retraite et Séoul est reprise. En janvier 1951, les alliés se regroupent en une contre-offensive victorieuse : les Nord-Coréens et les Chinois sont repoussés de l’autre côté du 38e parallèle. MacArthur est pressé d’en finir et veut poursuivre les combats. Il envisage même l’utilisation de la bombe atomique. Truman, craignant que les choses n’aillent trop loin et ne voulant pas que la guerre s’étende à la Chine, le fait remplacer par le général Ridgway. Une guerre de position commence. En juillet 1951, l’U.R.S.S. propose l’ouverture de négociations. Elles auront lieu à Panmunjom (voir carte), et aboutiront à la signature de l’armistice le 28 mars 1953, instaurant la zone démilitarisée (DMZ), et des réunions régulières en vue de la réunification. Les pourparlers sont toujours en cours, même si une paix signée se fait de plus en plus probable, la situation économique des deux pays rend une réunification impossible dans l’immédiat (la différence entre les deux pays est plus grande que celle entre les deux Allemagnes, et la Corée n’a pas l’économie de l’Allemagne de la réunification, i.e. une économie encore assez robuste. Quand on voit ce que cela a coûté à l’Allemagne, on ne se fait plus d’illusions sur la Corée dans l’immédiat.)

BILAN : 200 000 Coréens morts, 55 000 soldats des Nations-Unies morts. 2 500 000 sans-abri, 5 000 000 sans ressources. Un pays ravagé. Un pays divisé : les ressources et énergétiques au Nord, l’agriculture au Sud. Pour en savoir plus sur le cimetière du mémorial des Nations-Unies à Busan et sur le bataillon français, cliquez ici. Autre article sur le bataillon français, cliquez là.