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L’Exploitation japonaise (1904 – 1945)…

En février 1904, les Japonais se sentent prêts, défient le Tsar en attaquant Port-Arthur (aujourd’hui Dalian), et envahissent la Corée. Nouvelle guerre. Le 2 janvier 1905, le Japon peut célébrer sa victoire contre les Russes. La Corée est occupée. En novembre 1905, les ministres coréens, sous la contrainte des baïonnettes des Japonais qui avaient violé l’enceinte du palais royal, refusent de signer le traité de protectorat japonais. Qu’à cela ne tienne, les Japonais s’emparent du sceau et le signent eux-mêmes. La monnaie locale devient le yen, toute la production passe sous le contrôle des Japonais, les fermiers se voient confisquer leurs terres.

En 1907, les Coréens ont alors un sursaut d’orgueil et le gouverneur japonais est assassiné, Un émissaire est envoyé à  la conférence de la Paix de La Haye qui reste sourde aux appels à l’aide de la Corée. Les Japonais remplacent l’empereur Gojong, trop gênant, par son fils, un peu simplet. La dernière étape sera franchie quand le Japon poussera la Corée à signer le traité d’annexion, le 25 août 1910. La Corée n’existera plus comme nation, le peuple coréen n’existera plus que comme peuple martyr. L’horreur durera 35 ans.

Beaucoup parlent de « colonisation » ou d’« occupation » japonaise, j’emploierai personnellement le terme d’« exploitation ». Mais aucun mot ne décrira exactement la situation. Le meurtre de la reine Min n’étant que le début des humiliations qu’allait faire subir le Japon à la Corée.

Le prince héritier Yi Un, âgé de dix ans, ne fut pas maltraité. Il fut envoyé au Japon et, avec sa famille, ne manqua de rien et reçut une très bonne éducation… japonaise. Il fut marié à la princesse japonaise Masako (qui fut sur la liste des fiancées de Hirohito…) en 1920. Bref, pas de quoi se plaindre, excepté que, le prince ne connaissant rien de sa propre culture, il ne put être admis par les Coréens, et les Japonais bien sûr ne l’admirent pas non plus au sein de leur civilisation. La princesse Masako (au nom coréen de Yi Bang-Ja) ne parlait toujours pas coréen à sa mort en 1994. Leur fils Yi Ku, sans identité culturelle, épousa une Américaine, en divorça, et vit maintenant dans la discrétion avec une… Japonaise. Certaines associations royalistes coréennes l’ont convaincu de revenir au pays (ce qu’il fit en 1996) et il tente donc désormais de se donner une image de patriote à placer devant les morceaux de son héritage culturel.

Le gouvernement continua l’œuvre de « modernisation » commencée en 1904 : appropriation des terres (40 % des terres arables), exportation du riz vers le Japon alors que les Coréens n’ont pas assez à manger… Modernisation des villes, industrialisation, développement des voies de communications. Il est vrai que la main-d’œuvre est bon marché et qu’elle n’a pas intérêt à désobéir…

Sur le plan culturel, les Japonais tentèrent d’assimiler complètement les Coréens. Non pas pour les intégrer à leur peuple, mais pour éliminer toute la culture coréenne considérée comme inférieure, comme d’ailleurs toutes les autres cultures du monde. Les méthodes employées sont simples : interdiction du coréen dans l’enseignement et dans toute publication. « Encouragement » à remplacer son nom par un nom japonais. Enrôlement de force dans l’armée.

Mais ça, ce n’était encore rien…