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Le Royaume Ermite
(1636 – 1876)

C’en est fini, la Corée ne veut plus avoir aucun rapport avec le monde extérieur à part bien sûr avec les Qing dont elle est vassale (et aussi parce que le prince héritier coréen vit en otage à Pékin). Les frontières sont laissées en friches, les terres le long des côtes sont brûlées à l’approche des bateaux, les étrangers qui entrent n’ont pas le droit d’en ressortir. Personne ne peut plus désormais savoir si ce royaume est riche, ce qui s’y passe. Le Royaume Ermite est né. Trente-six Hollandais l’apprendront d’ailleurs à leurs dépens. (Naufragés le 16 août 1653, sur une île au large de Jéjudo, ils furent amenés sur le continent. Le roi les traita bien, mais il n’était pas question pour eux de rentrer chez eux. Ils passèrent 13 ans dans cette prison dorée, travaillant pour le roi (ils avaient en effet des connaissances que Joseon n’avait pas). Ils tentèrent de s’échapper à deux reprises, la seconde étant la bonne, et purent gagner le Japon).

Et cela ne simplifia pas non plus la tâche du christianisme.

Cette religion était connue du Royaume Ermite car il y avait des jésuites à la cour de Pékin, et des livres avaient circulé, séduisant beaucoup d’intellectuels. Mais le Vatican n’écouta pas les conseils des jésuites et fit condamner les cultes païens (en fait confucianistes) des ancêtres, ce qui ne fut apprécié ni par les Chinois, ni par les Coréens. Le christianisme fut interdit en Corée, les premières persécutions commencèrent en 1791, quand deux Coréens qui avaient osé brûler des tablettes ancestrales furent exécutés. Aucun prêtre ne subit ce sort à l’époque, car des prêtres, y’en avait pas, les Coréens s’étaient convertis tout seuls. Le premier prêtre n’arriva que 3 ans plus tard, il était chinois, prêcha pendant six ans en secret, secret mal gardé s’il en est car il fut alors exécuté avec 300 de ses fidèles. Les missionnaires français, premiers prêtres occidentaux, envoyés par les Missions Étrangères de Paris subirent le même sort en 1839. Colère de la France, qui envoie en 1846 sept navires de guerre qui étaient stationnés à Shanghai avec une double mission : obtenir la liberté pour les chrétiens et conclure un traité d’ouverture au commerce français.

Échec.

1847, on renvoie un navire qui fait naufrage, l’équipage revient à bord d’un vaisseau… anglais. La France ne voulant pas lâcher le morceau, en 1866, 500 hommes débarquent sur l’île de Ganghwa (Ganghwado) prennent sans problème la ville de Ganghwa (Ganghwashi) et… se promènent, pillent les richesses de l’île allègrement, vêtements, vivres ou livres (le fonds coréen de la Bibliothèque Nationale, en ce moment centre de discussion entre la France et la Corée, provient de cette incursion), en oublient les motifs de leur débarquement, et c’est en allant en pique-nique qu’ils finissent par tomber sur l’armée coréenne qui se sent d’humeur moins champêtre. La débâcle de l’armée française ne devait que conforter les Coréens dans leur idée qu’ils étaient assez forts chez eux pour imposer leur loi.