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L’Abécédaire
(Fourre-tout)

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Cette rubrique est en fait la file d’attente qui stocke mes opinions, mes pensées qui encombrent ma petite tête en attendant qu’elles soient classées dans les autres rubriques, ou que la rubrique correspondante soit créée (ce qui revient au même). À moins bien sûr qu’elles ne soient considérées comme inclassables auquel cas elles resteront ici longtemps. Ce bazar organisé est donc un genre de purgatoire virtuel.

A

Abandon et Adoption

En Corée, les filles-mères sont très mal vues, et c′est peu de le dire. Beaucoup d’enfants sont donc abandonnés par leur mère parfois jeune, souvent sous la pression de la famille. Comme les liens du sang sont très importants ici, les adoptions ne marchent pas très bien, ce qui fait que pendant longtemps la Corée a été un pays qui exportait beaucoup d’enfant dans le monde. Aujourd’hui cette pratique a heureusement beaucoup diminué.

Accroupir (s’)

On s’accroupit n’importe où, n’importe quand en Corée. Mais avec les pieds bien à plat sur le sol (essayez, vous verrez, ce n’est pas évident au début, mais ça devient relativement confortable ensuite), les jambes souvent assez écartées…

Adresse

Depuis peu (juste avant la Coupe du Monde 2002), un système d’adresses avec noms de rues, numéros pairs d’un côté et impairs de l’autre a été mis en place. Personne ne s’en sert ou presque. On utilise toujours l’ancien système. Voilà comment ça marche, on situe tout du plus grand au plus petit :

  • En ville : la ville, puis vient l’arrondissement (le gu (구)), puis le quartier (le dong (동)), enfin, le numéro de parcelle puis le numéro de la maison dans la parcelle, ces deux nombres séparés par un tiret. Les parcelles sont numérotées sans ordre apparent. Résultat : tout marche par plan et points de repères (stations de métro dont les sorties sont numérotées, hôtels, bureaux de poste, etc.)
  • À la campagne : la ville (les villages ne sont pas indépendants, contrairement à la France), puis le nom du village (myeon (면)), le nom de la route (li (리)), parfois le numéro de la montagne, (san, (산)) (ce qui est vrai aussi en ville dans les zones inhabitées sur des hauteurs), enfin, le numéro de la parcelle et le numéro de la maison, comme en ville.

Le nouveau système devait entrer en vigueur durant l’été 2011, mais apparemment un délai de 6 mois a été décidé. Affaire à suivre…

IMPORTANT : Il est fortement conseillé par l’auteur de se faire écrire en Corée avec une adresse écrite en LETTRES CAPITALES. Les Coréens lisent très mal l’écriture latine manuscrite (c’est normal, ce n’est pas leur écriture).

Âge

En raison du confucianisme, on vous demandera souvent votre âge, cela n’est pas impoli ici, c’est juste histoire de vous situer dans la hiérarchie. Cependant, il faut noter que les Coréens ne calculent pas l’âge comme en occident. Contrairement à ce qu’on peut lire ici et là, ils n’ajoutent pas neuf mois (le temps de la grossesse) à leur âge (c’est en Inde qu’on doit faire ça, il me semble…). D’autant plus que, pour un Coréen, une grossesse dure dix mois, car on compte en mois lunaires qui sont plus courts et on considère le début de la grossesse un peu plus tôt… Ici, à la naissance, si on a un an, c’est parce que ces dix mois, c’est plus simple de les compter comme une année complète. On commence donc à un an plutôt qu’à dix mois (vous suivez ?). D’autre part, on compte son âge à partir non pas de son anniversaire mais du Jour de l’An (du calendrier grégorien ou du calendrier chinois, c’est selon les gens). En conséquence, votre âge coréen est votre âge occidental plus un voire deux (si vous êtes né(e) à la fin de l’année) ans. Quoique certains comptent tout de même à partir de leur anniversaire.
Bon courage pour la conversion !

Alcool

Aspect très important de la société coréenne. Autant comme il est strictement interdit aux mineurs, autant comme, une fois majeur, c’est presque une obligation sociale. Que ce soient les alcools traditionnels comme le soju (소주) ou le makkeolli (막걸리), ou les alcools occidentaux tels la bière, le vin ou le whisky, nombreuses sont les sorties entre collègues bien arrosées. Il est à noter que l’ivresse publique n’est pas illégale.

Heureusement, de plus en plus de voix s’élèvent contre ces pratiques, qui, si elles sont un bon moyen social de lutter contre le stress, ont aussi des conséquences sur la santé qu’il n’est plus besoin de rappeler.

Alphabet

L’alphabet coréen est le hangeul. Nous aurions pu le mentionner à la lettre E comme « écriture » ou H comme « hangeul », mais le caractère alphabétique de l’écriture coréenne nous a paru plus important et donc c’est lui que nous soulignons.

Tout d’abord, il faut bien comprendre la situation de l’écriture en Corée avant l’invention du hangeul. Elle est très simple et très compliquée : les textes étaient écrits en langue chinoise. Et nous insistons sur le fait que ce n’était pas en langue coréenne. Pour pouvoir écrire en Corée, il fallait savoir parler chinois. Une langue étrangère qui est très différente du coréen. Ensuite, il fallait écrire chinois, avec ses milliers d’idéogrammes. Autrement dit, écrire et lire en Corée nécessitaient des années d’études. Ce que ne pouvaient ce permettre les gens du peuple. Il y a bien eu quelques essais d’écriture en langue coréenne, mais ceux-ci, comme le idu, étaient très compliqués et utilisaient tout de même les caractères chinois. Le roi Séjong a donc inventé cet alphabet, le hangeul. Il est désormais admis qu’il l’a inventé seul, car il était le meilleur spécialiste en phonétique de son royaume, et, d’autre part, les érudits de son royaume qui auraient pu l’aider étaient contre, car faire une écriture facile à lire et à écrire voulait dire que le peuple pouvait lire et écrire, ce qui était un privilège de lettré. Séjong avait des connaissances dans les écritures tibétaine, mongole et japonaise, qui remplaçaient elles aussi les caractères chinois. Mais la logique du hangeul fait qu’il reste un travail novateur même encore aujourd’hui. Il fut cependant interdit dès 1504 par le successeur de Sejong. Il se diffusera tout de même doucement grâce aux femmes et aux gens du peuples, qui n’ont pas accès aux études chinoises. Et c’est grâce à cela qu’il verra, grâce à lui, naître la littérature romanesque féminine, ceci à partir du XVIIe siècle. Il fut réhabilité en 1894 pour être de nouveau interdit sous l’occupation japonaise. Puis, à la libération, il fut utilisé partout, car c’était un moyen d’alphabétiser rapidement tout le pays en langue coréenne, beaucoup de Coréens ayant appris le japonais à l’école.

Anti-américanisme

Présent en Corée pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il faut savoir qu’il est latent chez beaucoup. Ici c’est une Coréenne qui tombe enceinte d’un soldat qui lui avait promis le mariage et qui rentre aux USA pour retrouver… sa femme légitime, là, un soldat tue une prostituée, et la police coréenne n’a pas le droit d’enquêter. Le procès se déroulera aux États-Unis (tant pis pour la famille). La loi vient cependant d’être changée et les autorités coréennes se voient dorénavant remettre les personnes mises en examen.
Mais à cette latence il faut ajouter

  • une certaine rancœur due à la crise de 97, estompée cependant,
  • le sommet Nord-Sud de 2000 qui s’est passé sans les Américains, montrant aux Coréens qu’ils peuvent se passer d’eux,
  • due au sommet Nord-Sud, la possibilité d’une paix enfin signée qui rendrait la présence militaire US inutile (aux yeux de certains, mais la présence américaine dans la région permet d’empêcher entre autres les relations sino-taïwanaises d’empirer, et d’autres prétendent même que si les américains n’étaient pas là, le Japon…).
  • Des révélations prouvant que pendant la guerre des américains ont massacré sur ordre des civils Coréens, utilisé l’agent orange, l’ont fait utiliser par les Coréens sans leur dire qu’il fallait s’en protéger ou comment (ils en ont des séquelles aujourd’hui, enfin, ceux qui ont survécu), enfin, les Américains ont aussi répandu dans certaines zones des insectes et araignées contaminés par des bactéries pathogènes (guerre biologique), sachant qu’une maladie tue sans se soucier de savoir si vous êtes militaire ou non. Bref, les Coréens commencent à réaliser que le gouvernement américain est intervenu en Corée pour des raisons de politique internationale et qu’il se foutait éperdument du peuple coréen.
  • Deux lycéennes écrasées par un blindé américain. Les soldats ont été déclarés innocents par la cour martiale américaine. Les Coréens n’ont pas accepté ce verdict.

Il faut aussi savoir que la présence militaire américaine est régie par le traité appelé SOFA, signé juste après la guerre de Corée, c’est à dire quand les Coréens n’étaient pas en mesure de discuter. Les Américains refusent bien sûr de le renégocier dans sa totalité. Ça coûte une fortune à la Corée. Les Américains ont eu la franchise (ou l’aplomb ?) de préciser que même après une réunification, ils resteraient (pour les raisons ci-dessus). De quoi taper sur les nerfs de n’importe quel citoyen d’un état souverain (à tort ou à raison).

Enfin, les Coréens supportent très mal que Séoul soit la seule capitale au monde ayant une base militaire américaine en ses murs. Mais elle devrait déménager d’ici peu.

Bref, ça gronde, même si certains Coréens considèrent en premier que, grâce aux Américains, la guerre de Corée a été gagnée (ce qui n’est pas faux), et que les Coréens du Nord ne leur ont pas sauté dessus depuis (ce qui n’est pas faux non plus).

Apateu (아파트)

Lorsque l’on arrive en Corée, on est frappé par ces barres d’immeubles d’au moins 20 étages qui sont omniprésentes ici. Mais contrairement aux cités HLM que l’on peut trouver en France, ces apateu, comme on les appelle ici, sont synonymes de luxe. Et le prix de ces immeubles d’habitation fait souvent la une des journaux, notamment quand sa progression ne fait ne serait-ce que ralentir. Car les apateu sont un investissement, qui, bien que contrôlés par des lois, sont parfois utilisés par certains pour tenter de s’enrichir. C’est même l’investissement numéro un des ménages en Corée. Et si on achète un appartement, ce n’est pas que pour y habiter, le but étant de le revendre avec une bonne plus-value au bout de quelques années. Le marché de l’immobilier est donc un des plus importants en Corée, non seulement par sa taille, mais par la place qu’il a dans la société.

Argent

La monnaie coréenne, c’est le won (원), qui n’a de nos jours pas de subdivision.

  • Les pièces et les billets coréens sont répartis suivant les valeurs 1 et 5, avec pour commencer la pièce de 10 wons. Elle représente sur son avers la pagode appelée dabotap, 다보탑, du temple Bulguk (불국사), dans la ville de Gyeongju (경주시). Et cette pièce existe en deux tailles, la plus grande étant la plus ancienne.
  • La 50 wons est une pièce blanche, car elle contient du nickel dans son alliage. Elle représente une branche de riz.
  • Vient ensuite la 100 wons, qui, elle, ne contient plus de zinc. Elle représente l’amiral Yi Sun-Shin, inventeur des bateaux-tortue.
  • Ensuite, dans le même alliage, viennent les 500 wons représentant un oiseau très aimé de Corée, et très rare, la grue.
  • Puis viennent les billets, à commencer par celui de 1000 wons avec dessus l’effigie de Yi Hwang (이황, 李滉), lettré confucéen.
  • Puis vient le billet de 5000 et Yi Yi (이이, 李珥), autre lettré confucéen.
  • Ensuite, vient le roi Séjong le Grand, sur les billets de 10 000 wons.
  • Enfin, depuis 2010, le billet de 50 000 wons, représentant l’écrivain Sin Saimdang (신사임당, 申師任堂), 1ère femme à apparaître sur des billets coréens. Il est à noter qu’elle est aussi la mère de Yi Yi des billets de 5000 wons, ce qui constitue quelque chose d’assez unique dans le monde pour des personnages qui ne font pas partie d’une famille royale.

B

Bains Turcs

Enfin ici, plutôt coréens. Vous en trouverez partout. Les Coréens en sont fous. Un employé peut s’y retrouver avec son patron, et cette intimité permet de mettre à bas les barrières sociales. Vous pouvez aussi y trouver un employé qui vous grattera la peau, histoire de bien enlever la saleté incrustée (peaux délicates s’abstenir).

Bang (방)

En coréen, ça veut dire « salle », « pièce » (d’une maison), etc. On retrouve ce mot un peut partout, dans dabang (다방), salon de thé (traduit souvent par « coffee-shop »), mais aussi dans nolæbang (노래방), où l’on chante et qui est en fait un karaoké qui se fait entre copains dans des petits salons privés, pour moins de 10 000 wons de l’heure. Ne cherchez pas, les chansons françaises y sont très rares. En revanche, la plupart des classiques anglophones sont là, mais, bien sûr, la meilleure sélection reste celle des chansons coréennes. On trouvera aussi le bidiobang (비디오방) et même le DVD-bang, sur le modèle du nolæbang, mais là on y regarde des films vidéo, que l’on a choisis en entrant, plutôt pour les couples… Il y a aussi le PC-bang, où des PC hyper-rapides sont branchés avec des connexions express sur Internet, vous pouvez discuter en ligne (caméra et micros fournis), jouer à des jeux en ligne (Starcraft® ou autres) pour un prix très modique (genre 2 000 wons de l’heure…). Enfin, le JJimjilbang (찜질방) qui, pour une somme modique (entre 5 000 et 10 000 wons), vous permettra d’accéder à des bains turcs et, dans des sales mixtes auxquelles on accède habillé, tout ce qu’il faut pour se remettre en forme en famille : sauna, matériel de musculation, mais aussi jeux vidéo pour les enfants, supérette en cas de petit creux etc.

Banque

Il est évident qu’il n’y a pas de banque qu’en Corée, mais elles ont cependant quelques spécificités qui méritent d’être mentionnées. Tout d’abord, les points négatifs, avec l’extrême difficulté, si ce n’est l’impossibilité, pour un étranger  d’obtenir une carte de crédit à son nom. Et ceci même en étant en Corée depuis longtemps, avec un travail régulier et en étant client de l’agence aussi depuis longtemps. Ce problème disparaît peu à peu, heureusement. Autre problème au sujet des cartes de crédit, les cartes étrangères sont encore loin d’être acceptées partout. Mais les distributeurs de billets qui les acceptent sont de plus en plus nombreux, il faut donc persévérer dans ses recherches.

En ce qui concerne les aspects positifs, c’est l’interconnexion des réseaux de toutes les banques, qui permet d’utiliser une carte de retrait d’une banque sur un distributeur de l’importe quelle autre banque. Il est même possible de faire un virement d’un compte d’une banque sur le compte d’une deuxième banque avec un distributeur de billets d’une 3e. Autre chose, l’ambiance conviviale des agences : toilettes et machines à café sont à disposition.

Enfin,  vu le taux peu élevé de délinquance au pays de matin clair, on entre dans une banque comme dans n’importe quel magasin : il n’y a pas de sas de sécurité.

Barbe

Rares sont les Coréens qui portent la barbe. C’était pourtant et jusqu’au début du XXe siècle presque systématique pour un homme marié de porter la barbe, signe de maturité et de sagesse. Que s’est-il passé ? Lors de leur invasion, les japonais ont ordonné de couper toutes les barbes. Résultat, ses aînés étant dépourvus de cet attribut, un jeune Coréen ne peut le porter (cela signifierait qu’il est plus mature et plus sage, prétention que ne peut avoir un jeune envers ses aînés en vertu du confucianisme…).

Belle-mère

Nous parlerons ici plus particulièrement de la belle-mère de l’épouse, mère du mari. Ceux qui ont vu le film « Mother » (« 마더 ») de Bong Joon-ho (봉준호) savent bien la dévotion qu’une mère coréenne peut avoir pour son fils. Dans la société traditionnelle coréenne, lorsqu’une femme se marie, elle quitte sa famille pour intégrer celle de son époux, et c’est elle qui se retrouve au quotidien chargée de la cuisine, et de s’occuper, avec sa belle-mère, de son mari. Évidemment, venant d’une autre famille, les usages ne sont pas tout à fait les mêmes, sans oublier les recettes de cuisine. La belle-mère sera donc là pour lui apprendre les habitudes de la maison avec une pédagogie parfois musclée. Et cette pauvre belle-fille sera aussi très mal considérée tant qu’elle n’aura pas donné à sa famille un héritier. Heureusement, la Corée se modernise, et les époux vivent de moins en moins chez les parents du mari. Mais la pression de la belle-mère reste car ce schéma reste profondément ancré dans la mentalité

Bojagi (보자기)

Le bojagi est un carré de tissu utilisé pour envelopper divers objets, ainsi que pour faire un baluchon. L’usage de ces carrés de tissu se perd dans la nuit des temps à une époque où l’on croyait que garder des objets enveloppés portait chance. Cette croyance s’est donc intégrée à d’autres traditions, notamment celle du mariage, où les cadeaux sont offerts enveloppés. Beaucoup de ces bojagi sont en fait des patchworks, et sont même un des derniers usages des hanbok usés, le costume traditionnel coréen. Cependant, ce recyclage de tissu n’est pas le seul moyen d’avoir des bojagi, car beaucoup sont en réalité très élaborés. On peut en trouver certains avec de fines broderies, la broderie coréenne étant elle aussi un art méconnu. Le motif le plus répandu dans ce cas étant l’arbre. Les arbres qui sont vénérés depuis des temps immémoriaux dans la péninsule, comme les êtres vivants les plus sacrés. De nos jours encore, nombreuses sont les cérémonies chamaniques faites pour des arbres, en général très vieux. La représentation d’un arbre sur le bojagi est donc encore une fois signe de bonne fortune. Certains sont donc de véritables œuvres d’art.

C’est un bojagi très simple qui enveloppe la boîte qui va permettre de transporter ou de ranger le hanbok, le costume traditionnel coréen donnant ainsi à cette boîte une poignée, ce qui aide à son transport. Tout hanbok commandé est donc livré avec ce carré de tissu, ce bojagi.

Bouddhisme

voir Zen (Bouddhisme)

Bruit

Le bruit n’étant pas encore considéré comme une pollution, les Coréens s’en donnent à cœur joie.

  • Ici, c’est un camion qui passe vendant ses patates douces et qui s’annonce au haut-parleur d’une voix nasillarde de bande utilisée tous les jours depuis dix ans (au moins),
  • Là, c’est une rue commerçante où chacun à mis ses haut-parleurs de 200 watts devant le pas de porte pour attirer les jeunes avec de la musique branchée, tous les magasins le font, le résultat est une immense et assourdissante (comment ?) cacaphonie, parce que chacun a décidé de son propre programme musical qui n’a bien sûr rien à voir avec celui du voisin. Il faut ajouter qu’aucune SACEM ne met de bémol à cette diffusion sauvage, et que l’intérieur du magasin n’est en aucun cas un refuge contre cette agression décibelesque, car ils ont mis des haut-parleurs à l’intérieur aussi. Les restaurants utilisent les mêmes méthodes, alors ne vous attendez pas à manger en paix…
  • Là encore, ce sont de charmantes hôtesses qui cherchent à vous faire signer ou acheter n’importe quoi (de l’abonnement pour un téléphone portable à de nouveaux cosmétiques). Elles cherchent donc à attirer votre attention (comme si vous ne les aviez pas vues avec leur couleurs flashantes, leurs chapeaux ridicules, leurs shorts-mini-jupes, leurs talons hauts kilométriques…) en braillant dans un micro relié à une enceinte gigantesque et qui passe déjà de la techno à fond les bananes, qui se mélange alors aux voix desdites hôtesses qui elles-mêmes cherchent à parler plus fort que ladite techno…
  • Enfin, je ne parlerai pas des bruits résultant de la circulation automobile (je me demande si ce n’est pas celui qui a le Klaxon® le plus puissant qui a la priorité… Faut voir…).

C

Calendrier chinois

Les Coréens utilisent deux calendriers : le calendrier chinois et le calendrier occidental. Le calendrier occidental, adopté en Corée en 1894, qui est un calendrier de type solaire, c’est-à-dire qu’il correspond exactement au cycle de rotation de la Terre autour du Soleil, ce qui correspond donc à une année de 365 jours environ. Il est aussi appelé calendrier grégorien et est issu du calendrier julien. Mais ce calendrier a perdu quelque chose pour rester parfaitement solaire : l’équivalence entre les mois et les cycles lunaires.

D’autres calendriers ont gardé cette correspondance : les calendriers lunaires. L’exemple le plus connu est le calendrier arabe, où un mois correspond à un cycle lunaire exactement. Mais en conséquence il se décale tous les ans par rapport au cycle solaire, ce qui n’est pas gênant pour un peuple de nomade qui ne vit pas au fil des saisons agricoles, contrairement à cette partie du monde.

On en arrive donc au calendrier chinois, inventé donc par les Chinois. Ce calendrier est particulièrement efficace : non seulement c’est un calendrier lunaire, puisque les mois correspondent aux cycles de la lune, mais c’est aussi un calendrier solaire : il ne se décale pas par rapport au cycle solaire, ce qui est l’idéal pour les peuples d’agriculteurs de cette région du monde. Dans le calendrier grégorien, on intercale un jour tous les 4 ans environ pour rester calé sur le soleil. Dans le calendrier chinois, c’est un mois lunaire complet qu’on intercale de temps en temps. L’année où on l’intercale et l’endroit dans l’année où on l’intercale sont soumis à des règles précises basées sur l’astronomie, ce qui fait que l’on reste toujours en phase avec le soleil et la lune. On appelle souvent le nouvel an chinois et le calendrier chinois respectivement nouvel an lunaire et calendrier lunaire. Cette dénomination est donc impropre, le calendrier chinois étant à la fois lunaire (les mois sont des lunaisons) et à la fois solaire (la longueur de l’année correspond environ à une révolution de la terre autour du soleil). Il conviendrait mieux de le qualifier de soli-lunaire ou de luni-solaire… Pour en savoir plus, l’excellent site Calendriers Saga.

Il faut aussi ajouter que toutes les fêtes coréennes ne se font pas selon le calendrier chinois, mais aussi selon le calendrier grégorien, notamment les célébrations non traditionnelles, comme le jour de l’arbre, du hangeul, l’alphabet coréen, et autre fête nationale. On peut citera aussi Noël. Enfin, beaucoup de coréens célèbrent leurs anniversaires selon le calendrier chinois, et pas seulement parmi les vielles générations.

Chaleur (Lutter contre la)

Il fait chaud, et surtout très humide l’été en Corée, et les températures estivales changent complètement les habitudes alimentaires des Coréens, mais contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, les Coréens n’ont pas forcément envie de manger froid, car selon la médecine traditionnelle, il faut manger chaud quand on a chaud et froid quand on a froid. Ce que les Coréens appliquent. L’été, on a donc le droit à des soupes, notamment le fameux samgyétang (삼계탕), une sorte de soupe de poulet farci au riz et au ginseng C’est un plat coréens qui n’est pas épicé, ce qui peut paraître logique en été, mais ça ne l’est pas en Corée, car en réalité, l’été les Coréens se jettent aussi sur des plats particulièrement épicés avec diverses soupes très chaudes et bourrées de piment rouge en poudre, histoire de se prendre une bonne suée. En effet, les piments donnent une sensation de brûlure sur la langue qui n’est pas réelle, mais à laquelle le corps va réagir en combattant de toutes ses forces ce feu. Il va aussi secréter des antidouleurs, ce qui fait que lorsque le repas sera fini, le corps sera plus rafraîchi qu’il n’aurait dû, et le gourmet aura une légère euphorie due à ces antidouleur. Bref, on mange épicé et chaud parce que ça fait du bien quand ça s’arrête…

Mais qu’on se rassure, la fraîcheur est aussi utilisée par les Coréens pour combattre les très grandes chaleurs, avec par exemple les nængmyeon (냉면), des nouilles froides baignant souvent dans une eau pleine de glaçons, les Kongguksu (콩국수), d’autres nouilles faites à partir de haricots. Du côté des desserts, les Coréens sont grands amateurs de pastèques, sans oublier les glaces en tous genres, ce qui n’est pas un changement de régime dû à l’été, car on mange des glaces en toute saison. Leur consommation augmente quand même l’été, ceci avec une autre glace typiquement coréenne, le patbingsu. D’autre part, pratiquement tout ce qui se boit chaud peut se boire froid en Corée, notamment le café. Qu’il soit moka ou cappuccino, il est toujours possible de l’avoir avec des glaçons et une paille. De quoi tenir les chaleur de l’été.

On peut se demander aussi comment les Coréens faisaient par le passé, à l’époque ou la climatisation n’existait pas, faute d’électricité. Le premier élément pour se rafraîchir est bien sûr la façon de s’habiller. Avec le costume traditionnel, le hanbok, en soie, mais aussi fait dans des tissus différents que ceux utilisés pour l’hiver, en chanvre ou en ramie, et évidemment des tissus moins épais, à tel point qu’ils en sont transparents, ce qui peut être étrange pour un Occidental, car cela s’est perpétré jusqu’aux chemises modernes. Comme on se doit de porter des sous-vêtements en Corée, le maillot de corps est obligatoire, et c’est donc un débardeur qui est porté l’été : le célèbre marcel côtelé. Qui se retrouve évidemment très visible sous cette chemise transparente.

Pour lutter contre la chaleur, on trouve aussi en grand usage les ombrelles, qui ont ici deux raisons d’être. La première est donc de se rafraîchir autant que faire se peut, l’autre est de ne pas bronzer car une peau blanche est signe de pureté. Malheureusement, le manque de Soleil en coûtera à la santé des Coréennes en raison du manque de production de vitamine D. Les Coréennes sont parmi les plus touchées au monde par des maladies des os…

Autre méthode, avant les ventilateurs il y avait les éventails, des éventails en bambou et papier décorés de calligraphies et autres peintures. Les femmes utilisaient des modèles en une seule pièce appelés danseon (단선) et les hommes préféraient des modèles pliants, Jeopseon (접선). Ils sont désormais remplacés par des éventails en plastique ou en carton imprimés de publicités.

Autre méthode, l’architecture des maisons traditionnelles avec d’une part une pièce spéciale pour dormir l’été, sur pilotis, pour rester au-dessus du sol et donc avoir le maximum d’aération, mais aussi pour échapper à son humidité, notamment pendant les pluies de mousson. Évidemment, il n’y a pas besoin de chauffage, le ondol (온돌), chauffage coréen par le sol étant inutile, c’est donc une chambre différente utilisée l’été. Mais ceci seulement dans les maisons de nobles. Dans ces mêmes maisons traditionnelles coréennes de nobles, les murs extérieurs étaient des panneaux qui pouvaient se soulever, pour être placés au plafond en position horizontale, permettant ainsi à l’air de circuler le plus librement possible. Mais cela laissait passer un fléau des nuits d’été : les moustiques. Pour lutter contre eux, eh bien on avait une couverture légère, qui ne tenait pas trop chaud grâce à la jukbuin.

Autre artifice, pour la nuit, donc, la jukbuin (죽부인), littéralement la femme de bambou. C’est un long tube de bambou ajouré, long d’environ un mètre et de diamètre d’une vingtaine de centimètres que l’on enlace pendant la nuit, ce qui permet de garder les bras et les jambes éloignés du corps et donc d’évacuer le plus possible sa chaleur corporelle. Pour la tête, on utilisait un mokchim (목침), un oreiller de bois, parfois en perles de bois pour plus de souplesse, pour évacuer encore la chaleur.

Cinéma

À part à la télévision, tous les films sont en version originale sous-titrée. Pas de problème donc pour visionner un film dont on parle la langue (français, par exemple…) au cinéma, en cassette ou DVD loués (de 500 à 2000 wons) ou en vidéo-bang (voir « bang » ci-dessus). Tout film « trop » osé sera censuré, à tel point que même les films coréens dits érotiques passeraient à 20 h 30 en France en clair et sans problème…

Chamanisme

C’est la religion la plus ancienne de Corée, et elle est encore bien présente. On pourrait comparer une consultation chez un chamane à une séance de psychanalyse. Il y a effectivement des points en commun, mais il y a surtout beaucoup de différences. Une séance chez une chamane, c’est bien plus qu’une séance de psychanalyse. Dans les deux cas, on a un problème, et en parler peut faire du bien, mais la comparaison s’arrête là, car la cérémonie chamanique met souvent le patient en rapport avec ses ancêtres par la voix du chamane. D’autre part, car le patient est rarement seul  et toute la famille participe au rituel. On est donc bien loin de la confidentialité du cabinet du médecin. En revanche, lorsque le problème est cerné, la raison de la maladie, ou plus généralement du mécontentement des ancêtres, la chamane donne la solution et la famille aidera à la réaliser, ce qui permet au patient de parler librement : il sera aidé. Une autre différence est qu’on va chez le psychanalyste lorsque l’on a un problème psychologique alors qu’on va voir le chamane lorsque l’on n’a pas de chance, qu’on a l’impression qu’on a le mauvais œil, bref, que des esprits sont contre nous. Les chamanes en Corée sont généralement des femmes, on les appelle mudang (무당).

Cheval

On trouve des chevaux sauvages dans l’île de Jeju, et c’est notable car il n’y a pas beaucoup de chevaux dans la péninsule. Ces chevaux ont une histoire particulière, puisqu’ils sont les descendants directs des chevaux des Mongols. En effet, au XIVe siècle, les Mongols, après avoir envahi la péninsule, voulaient envahir le Japon, et l’île de Jeju leur servit de tête de pont. Les Mongols ont échoué, le japon n’a pas été envahi, et les chevaux restèrent sur place, retournant à l’état sauvage, et prospérant sur l’île. Ces chevaux sont petits et robustes, comme ceux des guerriers mongols dont ils sont les fiers descendants, les mêmes donc que ceux du fameux Gengis Khan, le plus grand conquérant de l’histoire, ne serait-ce que par la taille de son empire.

Chirurgie Esthétique

L’apparence en Corée est très importante. Pour les personnes, non seulement la tenue, mais aussi évidemment la beauté sont importants, ce qui est encore plus vrai pour les femmes. Mais ici, la beauté est basée non seulement sur une harmonie du visage, mais aussi sur certains détails physiques qu’il faut absolument posséder. Ainsi, des femmes pourtant belles aux yeux d’un Occidental peuvent être complexées parce qu’elles n’ont pas tel ou tel trait physique. Inversement, une femme plutôt ordinaire se sentira belle si elle le possède. On cite généralement à ce sujet les yeux et notamment les paupières, qui se doivent d’avoir un pli, ce qui n’est pas toujours le cas chez les Asiatiques. Devant ce problème de détail et l’importance qu’il a dans la société coréenne, il n’est pas surprenant que les Coréennes se tournent vers la médecine. En conséquence, plus de 80 % des femmes âgées de 25 à 29 ans ressentent le besoin d’une opération de chirurgie esthétique. Parmi les femmes de cette tranche d’âge, plus de 60 % ont déjà assouvi ce besoin. C’est parfois un cadeau de parents à leur fille lycéenne pour un succès au baccalauréat coréen, par exemple. La tendance actuelle fait que désormais les hommes sont de moins en moins en reste.

chuseok (추석)

Chuseok (추석) est cette célébration coréenne souvent traduite comme étant la fête des moissons, mais cette traduction est loin de décrire ce qu’elle représente pour les Coréens, car les moissons ne sont plus le motif principal de cette fête, fortement colorée de confucianisme, c’est-à-dire du respect aux aînées et du culte des ancêtres. C’est en effet l’occasion pour toute la famille de se retrouver. La cérémonie est donc d’importance et a lieu avec tout le monde, ceci sur la terre de ses ancêtres, ce qui permet d’aller se recueillir sur leurs tombes et de les nettoyer, comme en France pour la Toussaint. Mais la cérémonie n’est pas destinée qu’aux défunts, on doit aussi montrer son respect à ses aînés, c’est l’occasion de se prosterner devant eux. Pour tout cela beaucoup de Coréens revêtent leur costume traditionnel, le fameux hanbok (한복). On mangera évidemment aussi des plats traditionnels.

 Cette fête permet aussi de rappeler directement certaines réalités de la vie quotidienne, telles que l’énorme centralisation autour de la capitale du pays. Car si les Coréens viennent des lieux les plus divers des régions de Corée, la plupart habite Séoul et ses environs. Rappelons que si l’on additionne les populations de Séoul et de la province du Gyeonggi qui l’entoure, c’est près de la moitié de la population du pays qui habite pratiquement au même endroit, et qui va donc se déplacer pratiquement simultanément pour retourner vers le village de ses ancêtres. Il est donc très difficile de sortir de la ville, et ce, par n’importe quel moyen. Car pour Chuseok, Les trains sont complets, les routes sont engorgées à en faire pâlir un habitué du week-end du 15 août en France. Chuseok ne dure qu’un jour, et même si les jours avant et après sont aussi fériés, cela ne laisse pas beaucoup de temps et donc en raison de la circulation, c’est difficilement un jour de repos pour les automobilistes. Les femmes non plus ne se reposent pas, car si les hommes conduisent, elles doivent tout préparer pour que la cérémonie orchestrée par ces messieurs se passe bien. Bref, ce n’est pas un congé de tout repos.

Mais il y a un bon côté, notamment pour les touristes car c’est le meilleur moment pour visiter la capitale désertée. Même si beaucoup de magasins sont fermés, ils ne le sont pas tous et pas tout le temps, ce qui offre une occasion inespérée de se promener au calme, sans le bruit ni la pollution automobiles.

Complexe

Je trouve personnellement que les Coréens sont complexés. Ils croient encore que le rêve américain c’est vrai, sont friands de tout ce qui est étranger pour se donner un genre, voitures étrangères, parfums, électronique, comme si leurs propres produits n’étaient que du bas de gamme… (ce qui n’est pas vrai, je vous assure !). Montrez-leur que vous savez trois trucs sur la Corée, dites-leur que vous aimez leur pays, lisez trois mots en hangeul (한글) et vous deviendrez pour eux le type le plus sympa de la terre… Ils aiment leurs traditions mais ont parfois l’air d’en avoir honte (il faut dire que j’ai vu plus d’un Américain venu ici seulement pour faire du pognon (déjà, la mentalité) passer son temps à se plaindre et à critiquer devant les Coréens eux-mêmes, tout ça parce que c’est pas comme chez lui…). Moi je sais pas, mais je trouve qu’un pays où les demoiselles portent leur porte-monnaie à la main et le posent à côté d’elles dès qu’elles examinent une paire de chaussettes sur un marché sans risquer de se le faire piquer, et bien moi, je trouve que quelque part ce pays a de quoi être fier. Bon, tout n’est pas rose au pays du matin clair, mais il faudrait peut-être que les gens (j’ai pas dit Américains, là, vous avez vu !) regardent objectivement comment c’est chez eux avant de faire des réflexions blessantes…

Copie

Depuis son entrée dans l’OCDE, la Corée respecte officiellement les droits d’auteurs. Seulement, il n’est pas rare (mais alors pas du tout) de voir dans les rues des faux Chanel® ou Louis Vuitton®. Les logos sont un peu modifiés et ils coûtent dix fois moins chers que les originaux. On ne vous trompe pas sur la marchandise, tout le monde sait qu’ils sont faux, mais bon, c’est indémodable, alors…

Culture

Les Coréens ont du mal à comprendre que tous les Occidentaux n’ont pas la même culture, et on se rend facilement compte que leur faire admettre qu’on n’est pas Américain est une chose, mais leur faire comprendre qu’on est différents en est une autre… Seul moyen : demander innocemment si les cultures coréennes et japonaises sont les mêmes. Oui, bon, ce n’est pas une méthode pleine de délicatesse, mais c’est terriblement efficace…

D

Drama

C’est ainsi que les Coréens appellent les feuilletons télévisés. Tous les Coréens vous le diront : les dramas sont de médiocre qualité et inintéressants, à part bien sur celui qu’ils suivent sans jamais manquer un épisode… Les dramas sont en fait de qualité moyenne, avec des haut et des bas. Chaque tranche d’âge a ses dramas qui lui sont destinés. Il existe même des dramas historiques, reprenant de manière romancée des épisodes de l’histoire coréenne (très beaux décors et costumes, même si la colle des fausses barbes a une fâcheuse tendance à briller sous les projecteurs). Quel que soit le drama, c’est un bon moyen pour découvrir quelques aspects de la culture coréenne. Il faut noter qu’ils ont une forte influence sur la consommation, la mode et les goûts des Coréens (un drama, nommé « Tomato », dans lequel le héros romantique a offert un mini-arbuste de tomate à sa fiancée, parce que, disait-il, la couleur du fruit dehors est toujours la même que dedans (fruit sincère), contrairement à la pastèque (qui est donc un fruit hypocrite) a multiplié par cent les ventes de plants de mini-tomates, et il n’était pas un couple d’amoureux coréen qui n’eût son arbre…).

Drapeau

Voici tout ce qu’il faut savoir (ou presque) sur le drapeau coréen.  Il s’appelle le taegeukgi (태극기), et est à ma connaissance le seul drapeau national au monde représentant une philosophie. En son centre, nous avons le taegeuk (태극), le cercle qui lui donne son nom, divisé en deux parties égales, parfaitement équilibrées. La partie supérieure rouge représente le yang, la partie inférieure de couleur bleue le yin, en coréen eum (음). Qui représentent deux principes opposés de l’univers, qui se complètent. En effet, contrairement à la philosophie occidentale, où le mal et le bien s’opposent, ici, le yin et le yang se complètent, comme par exemple le jour et la nuit, le masculin et féminin, etc., dans un mouvement perpétuel et harmonieux formant un cercle, représentant l’unité, le tout, c’est-à-dire l’univers.

Les quatre systèmes de trois barres situés aux quatre coins du drapeau expriment aussi l’idée d’opposition et d’équilibre. Les trois barres pleines représentent le ciel, à l’opposé, les trois barres brisées représentent la terre. En bas, à gauche, une barre brisée entre deux barres pleines symbolise le feu, et en haut, à droite, c’est l’eau.

Pour finir, le fond blanc symbolise la pureté du peuple coréen et son amour de la paix. L’ensemble exprime donc l’idéal du peuple coréen, qui se veut en harmonie avec l’univers.

Voilà qui est très beau. Mais qui en a aussi été aussi dangereux pour les Coréens eux-mêmes… En effet, posséder un drapeau coréen pendant l’occupation japonaise était passible d’exécution. Les Japonais ne plaisantaient pas là-dessus. Ce qui explique que de 1945, date de la libération de la Corée, au 8 septembre 1948, la Corée du Nord, elle aussi, aussi utilisait le taegeukgi comme drapeau, avant donc de changer pour le drapeau actuel à l’étoile rouge.

Le drapeau coréen a été inventé à la fin du XIXe siècle, par Park Yeonghyo (박영효), qui s’est illustré pendant l’occupation japonaise, donc bien avant la division de la péninsule en Corée du Nord et Corée du Sud.

Dentiste

L’apparence est très importante en Corée. En conséquence, les dents des Coréens font partie des choses dont on s’occupe. Il est donc très courtant de voir des enfants, adolescents coréens avec des appareils, et aussi des jeunes adultes. Mais même si ce n’est pas rare en France, par exemple, c’est particulièrement courant en Corée, cela fait partie de ce que les Coréen font pour leur apparence, à côté de la chirurgie esthétique. Ainsi, les dentistes sont très nombreux dans le pays et les Coréens ont aussi une habitude de se brosser les dents très prononcées. Les élèves ont leur brosse à dents à l’école où ils mangent le midi, et ceci quelque soit l’âge. Et cela continue ensuite dans les entreprises. On peut dire sans exagérer que l’hygiène dentaire des Coréens est irréprochable.

Démocratie

La démocratie coréenne actuelle est jeune, voici comment elle est arrivée en Corée du Sud. Après la libération et après la fin de la guerre de Corée, une première démocratie ne dura pas et une dictature prit sa place. Le voyage vers la démocratie commença alors dans les années 1970. Lorsque Park Chung-Hee (Bak Jeonghui, 박정희) fait voter une nouvelle constitution instaurant un mandat présidentiel de 6 ans indéfiniment renouvelable et se retrouve élu président de la IVe République en décembre 1972. Nous sommes toujours en dictature, le régime se fera alors plus dur et les atteintes aux droits de l’homme plus nombreuses. Mais le 26 octobre 1978, Park Chung-Hee est assassiné par son directeur de la sécurité. Choi Kyu-hah (Choe Gyu-ha, 최규하), premier ministre, devient président par intérim. Mais 12 décembre 1978, le général Chun Doo-Hwan (Jeon Duhwan, 전두환) prend le pouvoir. La loi martiale est instaurée. Le régime poursuit le développement de la Corée, ignorant les droits de l’homme et réprimant durement les nombreuses manifestations. On se demande alors comment la démocratie a pu alors s’installer, surtout après le massacre de Gwangju, en 1980.

Mais à l’approche des jeux olympiques de Séoul de 1988, une libéralisation devient nécessaire. Le 27 décembre 1987, un référendum sur une nouvelle constitution donne 93 % des voix pour. La VIe République commence le 25 février 1988, avec à sa tête Roh Tae-woo (No Tae-u, 노태우) élu au suffrage universel pour un mandat de 5 ans, non renouvelable. Puis, le 25 février 1993, Kim Young-Sam (Gim Yeongsam, 김영삼) est le premier président civil à être élu depuis 30 ans. Ce sont les premiers pas vers la démocratie coréenne, qui seront confirmés ensuite avec l’élection en 1997 de Kim Dæ-jung (Gim Daejung, 김대중), qui était dissident sous la dictature.

Dokdo (독도)

Sujet très sensible en Corée, ces deux îlots sont revendiqués par le Japon, et sont souvent sources de frictions diplomatiques. Ce territoire est actuellement sous administration coréenne, et les éléments historique ainsi que légaux, au regard du droit international, penchent en faveur de la Corée. Malheureusement, ces territoires sont souvent utilisés pour flatter les nationalismes, aussi bien en Corée qu’au Japon, et dans l’archipel ils sont donc utilisés en politique intérieure pour rallier les votes d’extrême-droite, ce qui a des répercussions internationales. De l'autre côté, dans la péninsule, les réactions sont alors toujours très vives.

 Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des tee-shirts ou des autocollants en Corée rappelant l’appartenant ce des îlots au pays du matin clair. Parfois des touristes ou expatriés se voient interviewés et poser la question de savoir s’ils sont au courant du problème. Dans ce cas, répondre que oui et que le territoire est coréen est la meilleures solution pour sortir de ce sujet épineux et éviter les débats inutiles.

E

Électricité

Ne levez pas la tête, c’est à faire peur. Délicates dentelles de fils électriques entremêlées. On se demande comment les Coréens s’y retrouvent (s’ils s’y retrouvent). Les mots « finition » et « esthétique » ne doivent pas avoir les mêmes significations qu’en français. Toutes les connexions (même en extérieur) sont faites au scotch. Les dominos n’existent pas ici. On met les deux fils ensemble, on les tortille, on enrobe dans du scotch noir, et voilà ! Oui bon, c’est méchant de dire ça, c’est vrai. Alors je vais mettre un bémol à mon propos, bémol ô combien important : à tous ceux qui critiquent le niveau de développement de la Corée, qui s’en gaussent (moi je ne m’en gausse pas, j’essaie d’être objectif, voire constructif) : je rappellerais que de rien après la guerre (moins que rien : un pays ravagé), la Corée est devenue un des leaders mondiaux dans bien des domaines (semi-conducteurs, par exemple), et ce, en quelques décennies, alors il ne faut bien sûr pas s’attendre à ce que tout soit arrivé au même niveau en même temps. Il a fallu faire des choix. C’est toujours facile de critiquer, non ?

Étages

Ici, le rez-de-chaussée, on l’appelle premier étage. Bref, nous, on commence à 0, eux, ils commencent à 1 (ou alors ils comptent en « niveaux »). Anecdote, les étages (층) dans les ascenseurs comportent souvent un « F » à la place du 4. C’est parce que 4e étage, pardon, le 4e niveau sacheung (사층 : 四層) se prononce comme les caractères chinois 死層 signifiant « étage de la mort ». Voir pour cela quatre.

F

Fêtes commerciales

Ce sont des jeux d’adolescents que les commerçants entretiennent volontiers. Elles n’ont aucune valeur légale.

  • 14 février : Commençons par le jour d’origine de toutes ces fêtes, la Saint-Valentin. Mais en Corée, ce sont les filles qui offrent des chocolats aux garçons qu’elles aiment bien.
  • 22 février : Le « 2% Day », 2% étant une eau aromatisée, à consommer évidemment ce jour-là.
  • Le 3 mars : Le 03/03 est le jour du samgyeopsal (삼겹살), le jour de la poitrine de porc, car samgyeopsal veut dire viande à trois bandes en coréen.
  • 14 mars : Ayant en mémoire les filles qui les aimaient bien, c’est donc sans risque de se prendre un râteau que les Coréens offrent aux Coréennes qui leur plaisent des chocolats blancs ou des bonbons. C’est le « White Day », le Jour Blanc.
  • 4 avril : Le nombre 4 étant pour les Coréens superstitieux un mauvais nombre (la raison est ici), le 4e jour du 4e mois est donc le jour noir, où ceux qui n’ont pas reçu de cadeau pour le Jour Blanc ou la Saint-Valentin s’habillent en noir, mangent des jjajangmyeon, des pâtes à la sauce noire, etc. En mangeant ce plat ce jour-là, on s’assure, paraît-il, d’avoir un cadeau l’année d’après.
  • 14 avril : C’est le « Rose Day », le jour où les amoureux des deux mois précédents s’offrent des roses.
  • 14 mai : Le « Yellow Day », le jour jaune, où nos couples sont sensés manger ensemble un plat au curry.
  • 14 juin : Le « Kiss Day », le jour où l’on s’embrasse. En Corée, on ne s’embrasse pas comme ça, et même le premier bécot sur la bouche est un événement…
  • 14 juillet : Le « Silver Day », le jour de l’argent (le métal). On s’y échange des anneaux d’argent, ce peut être aussi l’occasion des présentations de son amoureux (ou amoureuse) à ses parents. Que de frissons en perspective !
  • 14 août : Le « Green Day », le jour vert, l’occasion d’aller faire une randonnée en montagne avec celui ou celle qui le mois dernier a survécu à la rencontre avec ses parents. Ceux qui on l’âge légal de le faire, ou ceux qui savent se cacher, se boivent un petit coup de soju de la marque… Green. Selon d’autres versions, le 14 août est le « Music Day », jour où l’on offre à l’autre un CD de chansons d’amour…
  • 14 septembre : Le « Photo Day », où l’on prend des photos de l’autre, l’autre prend des photos de soi, et, tant qu’on y est, on se fait prendre ensemble.
  • 14 octobre : Le « Wine Day », où l’on se boit un verre de vin avec celui où celle qu’on se trimballe depuis février ou mars.
  • 11 novembre : Le « Peppero Day ». Peppero, c’est des biscuits en forme de petits bâtons avec du chocolat autour, connus en France sous le nom de Mikado. Parce que le 11 novembre, c’est le 11/11, ce qui forme le dessin de quatre petits bâtons alignés les uns à côté des autres. Non seulement on s’offre des Peppero, mais des stylos en forme de Peppero, des Peppero géants, des porte-clefs Peppero, etc.
  • 14 novembre : Selon les uns, c’est l’« Orange Day », où l’on mange des oranges, pour d’autres, le « Movie Day », le jour du film, qui n’est pas un jour pour cinéphiles, car ce jour-là on va se voir un film érotique avec l’autre, histoire de lui expliquer que le « Kiss Day » c’était il y a cinq mois et qu’il serait temps de penser à autre chose…
  • 14 décembre : Le Jour du Câlin (en tout bien tout honneur) selon les uns, le « Money Day » selon les autres, jour où on doit acheter tout ce que l’autre désire.
  • 14 janvier : Le « Diary Day », le jour ou on offre à l’autre un agenda, pour qu’il ou elle note bien nos rendez-vous.

Je répète que ces fêtes n’ont rien d’officiel.

Froid (Lutter contre le)

Les méthodes employées par les Coréens pour se réchauffer lors de l’hiver coréen rigoureux sont, du point de vue vestimentaire, très classiques : les bonnets, écharpes et autres gants sont les mêmes qu’ailleurs dans le monde. Cependant, il y a quelque chose que l’on peut trouver dans les poches des Coréens qui est très populaire ici, les son nallo (손 난로). Son signifiant main et nallo signifiant poêle, c’est pour ainsi dire un poêle dans la main. Ce son nallo se présente sous la forme d’un petit sac en plastique hermétique avec un liquide et un morceau de métal à l’intérieur. En faisant claquer le métal, le liquide a une réaction qui fait qu’il se durcit petit à petit en dégageant de la chaleur, ceci pendant au moins deux bonnes heures. On l’appelle aussi jumeoni nallo (주머니 난로), qui veut dire poêle de poche. Et cela se recharge. Il suffit de remettre le sac durci dans de l’eau bouillante pendant quelques minutes et le tour est joué.

Autre méthode pour se réchauffer : manger. Avec par exemple des petits pains vendus par des marchands ambulants, bien sûr cuits sur place, comme ceux en forme de poisson, les bungeoppang (붕어빵), fourrés aux haricots rouges, que les Coréens adorent. Il y a aussi les hotteok (호떡), qui sont des petites galettes renfermant elles aussi des haricots rouges, au goût plutôt sucré, cuites sur une plaque huilée. On en trouve aussi des plus fines et plus digestes, sans haricots rouges, avec à l’intérieur un genre de caramel. D’après ce qui est généralement écrit, ce serait la variété chinoise de ces galettes. Et puis il y a le jjinppang (찐빵) qui lui est cuit à la vapeur, et tenu au chaud aussi à la vapeur. Il se présente sous la forme d’une grosse boule très blanche, avec un cœur fourré de ce haricot rouge que décidément les Coréens adorent, puisqu’on le retrouve même l’été avec de la glace pilée, le patbingsu. Mais le jjinppang peut être aussi fourré de légumes. Dans tous les cas, il est en vente presque partout, et on peut même l’acheter prêt à cuire chez soi.

Moins dépaysant, voici les marrons chauds, qui sont ici aussi des châtaignes grillée. Autre produit de la terre qui réchauffe, les patates douces. Elles sont cuites en général au feu de bois, dans de grands barils de produits chimiques recyclés et aménagés, dont la vue, avec leurs symboles de produits toxiques toujours présents, nous fait parfois hésiter à acheter de ces patates douces vendues très chaudes aux passants transis.

Autre plat qui réchauffe, les odeng (오뎅) et leur bouillon. Ils sont faits à partir de poisson, et sont tenus au chaud dans un bouillon que l’on peu boire, le tout réchauffant évidemment beaucoup. Enfin, pour les plus aventureux, voici le tteokbokki (떡볶이), typiquement coréen et très épicé. C’est un mélange de tteok (떡), les gâteaux de riz qui existent sous des milliers de formes selon les usages, et de pâte de piment, le tout cuit ensemble. Les Coréens en raffolent. C’est d’ailleurs un plat que l’on peut aussi consommer l’été, et qu’on trouve donc toute l’année. Entrent aussi dans sa composition des légumes et même des œufs durs. Il est à noter que si les Coréens adorent les plats très chauds et épicés l’été, et qu’ils en consomment aussi naturellement l’hiver, cela ne les empêche pas d’acheter de la crème glacée au moment des grands froids.

Du point de vue chauffage dans les maisons, c’est le système traditionnel coréen qui prévaut, le fameux ondol.

G

Ginkgo

En coréen eunhæng namu (은행 (銀杏) 나무). Arbre d’ornement, on le retrouve partout, parfois en compagnie de platanes. Plus précisément le ginkgo biloba, qui serait l’unique descendant du ginkgo primigenia, qui formait « nos » forêts du temps des dinosaures. C’est un des arbres les plus résistants qui soit (le seul à repousser, et ce dès le printemps suivant, dans la zone la plus irradiée d’Hiroshima), insensible qu’il est aux champignons, bactéries ou autres, y comprises les pollutions modernes. Les Américains ont pensé d’ailleurs à lui pour repeupler les carrefours asphyxiés de Manhattan. Arbre sexué, il est soit mâle, soit femelle. Ses fruits sont comestibles. Seul inconvénient, l’odeur de ses fruits en décomposition qu’il faut donc s’empresser de ramasser pour les jeter ou les consommer. Pour en savoir plus sur le Ginkgo, cliquez ici (lien en plusieurs langues dont un peu de français).

Ginseng

Son nom coréen est Insam  (인삼 : 人蔘). Cette plante, redécouverte par les médecines douces en occident, est connue en Asie depuis des millénaires pour ses vertus médicinales. C’est une racine dont la forme peut évoquer parfois celle d’un vieillard rabougri, et qui lui donne son nom, car le gin de ginseng, en coréen 인, veut dire en chinois « être humain ». C’est la Régie des tabacs coréens qui gère aussi le commerce du ginseng, son exportation est donc très réglementée, ainsi que sa vente. Le ginseng est un des symboles de la Corée, qui en est le plus gros producteur mondial, et la réputation du pays n’est plus à faire. Mais qu’est donc le ginseng, et qu’a-t-il de si particulier pour qu’il soit réglementé par le même organisme qui s’occupe des tabacs coréens, me demanderez-vous. C’est tout simplement une très grande source de richesses pour la Corée, car le ginseng, comme on vient de le voir, est reconnu dans le monde pour ses qualités médicinales.
C’est une plante des bois, qui pousse à l’ombre, très lentement. Adulte, sa tige et ses feuilles peuvent atteindre les 80 cm de haut. Mais la partie que tout le monde recherche, on l’a dit, c’est sa racine. Elle est ridée et blanchâtre, et est composée d’une racine principale qui a de deux à cinq ramifications, lui donnant donc l’aspect étrange d’un vieil homme rabougri. Le ginseng pousse à l’état naturel, où il est rare et très recherché, sur les versants sud des montagnes humides, au bord des ravins et des rochers. Mais il est surtout abondamment cultivé dans des petites tentes de tissu noir, car, plante des bois, il n’aime pas le soleil. Un bon ginseng doit être vieux d’au moins 5 ans. Quand on sait qu’il ne pèse alors que quelques centaines de grammes, on comprend son prix. C’est en effet à partir de cet âge que ses principes actifs sont en concentration suffisante. Le ginseng a des applications très nombreuses, et son nom latin, panax, a donné le mot français « panacée » ce qui témoigne de ses vertus.
Il est stimulant et tranquillisant pour le système nerveux (et donc certains pensent qu’il peut aussi soigner certains troubles de la libido…).
Il favorise aussi l’activité cérébrale et aide à la mémorisation.
Il est aussi anti-fatigue et anti-stress, ce qui aide l’organisme à lutter contre les problèmes dus au climat, aux infections ou aux problèmes psychiques.
Il est aussi anti-anémique et aide à réguler la tension artérielle.
Il a aussi une action bénéfique hormonale.
Il permet aussi de lutter contre le cholestérol et l’hyperglycémie.
Mais ce n’est pas tout, il n’engendre aucune accoutumance, n’est incompatible avec aucun médicament et n’a pas d’effet secondaire. Bref, ce panax est une panacée. Pour l’anecdote, il semble que l’extraordinaire dynamisme de Henry Kissinger, qui dormait peu et sautait de réunion en réunion, avait un secret : une très forte consommation, non pas de médicament, mais de notre racine en forme de vieil homme rabougri.
Attention, son goût est très amer.

Grignoter

Pas de problème en cas de petit creux. On vend de tout dans la rue. Des choses les plus chaudes et épicées aux galettes de riz et autres vers à soie bouillis (si, si…). Le tout pour un prix toujours raisonnable.

H

815

C’est le nombre symbole de la volonté des Coréens de se sortir de la crise asiatique de 1997 – 1998. 815 est en fait le jour de la libération de la Corée du joug japonais : le 15 août 1945. En 1998, des autocollants indiquant 815 étaient présents sur de nombreuses voitures, une boisson au cola était de marque 815, pour faire concurrence à Coca-Cola™ et à Pepsi-Cola™ et tenter de minimiser la perte de capitaux vers l’étranger, etc. Ce nombre ressurgit de temps en temps comme symbole nationaliste. Le 15 août est bien sûr la fête nationale en Corée du Sud, ainsi qu’en Corée du Nord.

I

J

K

L

Langue

Les Coréens ont une réaction binaire vis-à-vis des étrangers qui parlent plus ou moins leur langue : 0 ou 1. Zéro car certains Coréens considèrent qu’un étranger n’apprend pas leur langue et s’en fout (nous remercions ici les soldats américains de l’extraordinaire travail de sape qu’ils effectuent tous les jours), et donc cette catégorie de Coréens ne s’attendra pas à vous comprendre et inconsciemment érigera un blocage mental qui l’empêchera de vous comprendre malgré toute la bonne volonté qu’il y mettra. Un car la télévision exhibe régulièrement des étrangers (dont une Française) qui parlent très bien coréen. Vous dites trois mots à peu près bien prononcés et vous serez assimilé à un de ces étrangers, recevant alors une cascade de mots au débit d’une mitraillette. Bref, dans les deux cas la communication ne sera guère facilitée…

Loyer

Le système coréen pour payer un appartement est unique au monde. Vous payez l’équivalent de plusieurs années de location en emménageant, et vous ne payez plus rien ensuite. On vous rendra l’argent (sans les intérêts) quand vous partez. Inconvénient, il faut les sortir les millions de wons ! Le système de loyer mensuel existe aussi quoique plus rare (et plus cher, au bout du compte), ainsi qu’un système mixte (dépôt de base moins cher, mais « petit » loyer mensuel à payer).

M

Mousson

On imagine souvent la Corée comme un pays tropical. En réalité, la Corée est un pays de la zone tempérée. Elle est d’ailleurs à la latitude de l’Espagne, et la neige n’y est pas rare en hiver. Ce qui induit en erreur, c’est, d’une part, une confusion avec le Vietnam, en raison des guerres que ces deux pays ont subies et de l’intervention américaine dans les deux pays et, d’autre part, ce sont les pluies de mousson, qui sont traditionnellement assimilées aux pays tropicaux, ce qui est faux. La Corée subit ces pluies, mais, comme dit plus haut, n’est pas un pays tropical.

« Mousson » est un mot dont l’origine est le mot arabe mausem (موسم) et dont la signification est « saison ».

Si ce sont les Arabes qui ont baptisé ce phénomène climatique saisonnier, ce n’est pas hasard. Car si mousson signifie en français des pluies d’été, ce terme réfère aussi plus généralement à un régime de vents qui a lieu aussi bien en Asie, où elle est la plus célèbre, qu’en Amérique ou en Australie, et ceci toute l’année. Et ces vents ont servi les Arabes, car ceux-ci les ont utilisés pour voyager et devenir les navigateurs que l’on connaît entre l’Asie et le monde occidental. Les navires du golfe Persique pouvaient atteindre la Chine en été et en revenir en hiver, car ces vents changent de direction selon les saisons.

Tout est basé sur le principe suivant : les continents se refroidissent ou se réchauffent beaucoup plus vite que la mer. Donc, en hiver, l’air de la mer, plus chaud, monte et crée une dépression, ce qui fait que le vent va des terres vers la mer, et explique les hivers froids et secs de la péninsule coréenne, le vent venant du continent pour la sécheresse, et de Sibérie pour le froid. En été, c’est le contraire, c’est l’air des terres, plus chaud, qui monte plus vite, et donc le vent va venir de la mer, chargé d’humidité.

Nous avons donc des pluies de mousson, qui sont torrentielles le plus souvent, ceci sur toute la péninsule. Mais heureusement, ces pluies durent moins longtemps que dans d’autres pays, puisqu’elles commencent au plus tôt vers la mi-juin, pour finir au plus tard vers la fin juillet, pour environ 15 jours à 3 semaines de pluies.

Sans ces pluies, la Corée serait un pays très aride, puisque la majorité des précipitations de la péninsule ont lieu pendant cette période, à hauteur de 60 %. Cette période est appelée Jangma (장마) et laissera ensuite place à la période appelée hanyeorum (한여름), pendant laquelle les températures dépassent souvent les 38 °C, avec une très forte humidité, la chaleur continuant même la nuit. Car en fait, le vent de la mer n’est pas retombé, donc l’air est toujours humide. La différence de temps entre jangma et hanyeorum, c’est que le front pluvieux est passé et est plus au Nord, sur la Mandchourie, par exemple.

Voici donc l’explication des étés chauds et humides, avec un mois de pluies, et des hivers froids et très secs coréens.

N

Noms de famille

Si on jette une pierre du haut de Namsan, il est dit qu’elle frappera la tête de M. Kim, M. Yi ou encore M. Park. C’est ce que l’on dit en tout cas. On a en fait répertorié environ 286 noms de famille en Corée, et cinq d’entre eux concernent plus de 50 % de la population. On rencontre donc majoritairement des Kim (김, 金), des Yi (이, 李) et des Park (박, 朴), mais aussi de très nombreux Choi (최, 崔) et Jung (정, 鄭). La plupart des 10 millions de Kim n’ont aucun lien de parenté entre eux, de même les Yi ou les Park. Les Coréens utilisent un autre critère beaucoup plus important pour se différencier : l’origine géographique, le clan, de leur patronyme. Il y a ainsi 285 origines régionales différentes pour les Kim, 241 pour les Yi et 128 pour les Park. Les Coréens, lorsqu’on leur demande la signification de leur nom, vous diront qu’ils font partie des Kim de Gimhæ, près de Busan, ou bien qu’ils sont des Yi de Cheonju, ou encore qu’ils sont des Park appartenant au clan de Miryang, dans la province du Gyeongsang du Sud. Parallèlement, si vous rencontrez un M. Kang (강, 姜), il y a de fortes chances qu’il ait des racines sur l’île de Jéju.

Pourquoi les Coréens ont-ils si peu de noms de famille ? Tout a commencé au début du Xe siècle. Avec le roi Tæjo. Il introduit les noms de famille en Corée en attribuant des patronymes chinois classiques à ses vassaux méritants, donc principalement des membres de l’aristocratie, et en les distinguant par leur origine régionale. C’est de cette époque que vient le système de clans appelé bongwan (본관, 本寬). Le roi offre des noms en récompense, il en offre aussi en punition. Ainsi, un groupe de rebelles a reçu du roi des noms tels que porc, cheval ou vache. Les plus méritants porteront le nom de roi : Wang (왕, 王). Puis un siècle plus tard, les candidats à l’examen civil, pour devenir fonctionnaire du royaume, doivent avoir un nom de famille. Les candidats n’en ayant pas l’ont acheté. Il était hors de question dans la société confucéenne de prendre un nom de métier ou autre. Il fallait imposer le respect. Pas question de s’appeler Boulanger ou Legrand. Les noms en vogue étaient donc ceux des grands dirigeants du pays. Ainsi Kim et Park étaient les noms des clans au pouvoir sous le royaume de Shilla, les Yi étaient à la tête du royaume de Joseon et un clan Choi avait installé au XIIIe siècle un régime militaire sous Goryeo, qu’il a maintenu pendant 60 ans.

Les noms de famille devinrent obligatoire sous la colonisation japonaise. Ceux qui n’avaient pas encore de nom ont alors pris soit celui de leur maître, soit celui que leur a donné l’officier japonais du recensement.

Les noms de famille – et les prénoms – n’ont pas de norme de retranscription en alphabet latin. Autant dire qu’il règne le chaos total. Ainsi, 이 (en coréen du Nord 리) est écrit en alphabet latin : Lee, Rhee, Rhie, Yi, etc. Yi étant le plus proche de la prononciation sud-coréenne.

Pour des raisons techniques, certains coréens jouent sur la prononciations du nom de famille Kim, 김, dont le caractère chinois 金 correspondant peut aussi se prononcer en coréen geum, 금. Peu de caractères chinois ont cette propriété en coréen, et 金 est un de ceux-là. Il signifie « or », le métal précieux.

D’autre part, certains Coréens ont un nom de famille très rare en deux syllabes. Les voici, du plus rare au moins rare :

  • Mangjeol, 망절, 網切
  • Sobong, 소봉, 小峰
  • Eogeum, 어금, 魚金
  • Janggok, 장곡, 長谷
  • Dongbang, 동방, 東方
  • Dokgo, 독고, 獨孤
  • Seomun, 서문, 西門
  • Seonu, 선우, 鮮于
  • Sagong, 사공, 司空
  • Jegal, 제갈, 諸葛
  • Hwangbo, 황보, 皇甫
  • Namgung, 남궁, 南宮.

Il faut savoir aussi que deux  nom identiques en hangeul et donc homophones peuvent  avoir des origines complètement différentes en caractères chinois, et sont en fait des noms différents, avec deux significations différentes.

Enfin, ces caractères chinois ne sont pas toujours retranscrits de la même façons en hangeul en Corée du Nord ou du Sud. Les voici :

  • 盧, 魯, 路, au Sud : 노, au Nord : 로, retranscrit Roh ou Noh ;
  • 柳, 劉, 兪, 庾, au Sud : 유, au Nord : 류, retranscrit Ryu, Yoo, You ;
  • 李, 伊, 異, au Sud : 이, au Nord : 리, retranscrit Lee, Rhee, Yi, Rhie ;
  • 林, 任, au Sud : 임, au Nord : 림, retranscrit Lim.

Les retranscription données ici ne sont pas les seules, on l’a dit plus haut, la liberté règne à ce sujet. Les incohérences de retranscription que l’on trouve au Sud sont dues à une évolution de la langue : le ㄹ initial a fini par ne plus se prononcer ou par se prononcer ㄴ. Le hangeul a suivi la nouvelle prononciation, pas l’alphabet latin. Le président Roh Moo-Hyun a donc un nom de famille qui se prononce no mais s’écrit Roh. Pour les prénoms coréens, c’est ici.

O

Ondol

L’intérieur des maisons est parfois chauffé par des radiateurs, mais le plus souvent, il est chauffé par le sol, méthode d’origine traditionnelle. Car si aujourd’hui c’est de l’eau chaude qui circule dans des tuyaux sous le sol, dans la passé c’était de l’air chaud dans des conduits. C’est le système de chauffage coréen appelé ondol (온돌), littéralement, pierre chaude. Les conduits de la cheminée des fourneaux de la cuisine passaient sous le sol de la maison, pour ressortir de l’autre côté, réchauffant tout le monde. Ce système, dont l’idée est simple, est en fait très difficile à réaliser techniquement, car il faut diriger l’air, garder la chaleur etc. C’est tout un système de matériaux différents qui est utilisé, avec des briques réfractaires, d’autres absorbant la chaleur pour la restituer petit à petit, un revêtement de sol en papier huilé. Celui-ci est assez fin pour laisser passer la chaleur mais aide aussi à la répartir, car il faut pouvoir dormir sans se brûler. Ce système est si complexe technologiquement qu’il n’en existe que peu dans le monde antique : le kang chinois, l’hypocauste romain (d’origine grecque) et donc l’ondol, qui serait à l’origine de l’habitude coréenne de s’asseoir par terre. Et c’est la raison pour laquelle les Coréens dorment à même le sol. Ils font d’ailleurs tout à même le sol, car le but n’est pas de réchauffer la pièce, mais bien de réchauffer ses occupants. Je me suis même laissé dire qu’avant cette invention, en Corée, il y avait des chaises, qui ont ensuite disparu, pour revenir avec l’ère moderne. Les Japonais aussi vivent à même le sol, mais leur système de chauffage est très différent.

P

Passe-temps

Il y en a beaucoup (voir « bang » plus haut). Pour les sportifs, vous pouvez jouer un peu partout au billard ou au bowling à des prix défiant toute concurrence française. Vous entraîner à renvoyer une balle de base-ball à l’aide d’une batte, travailler votre swing au golf, etc. Les jeux de plateau sont désormais à la mode et beaucoup de cafés où l’on peut y jouer ont ouvert.

Patbingsu (팥빙수)

Pour lutter contre la chaleur, les Coréens mangent l’été du patbingsu (팥빙수). Le pat est un haricot rouge, et bingsu veut dire eau gelée. Le patbingsu est donc un mélange avec, à la base de la glace pilée et des haricots rouges, et aussi, en général, du lait et des fruits au sirop, le reste étant laissé à l’imagination de celui qui le fait. On ajoute aussi souvent des biscuits et des tteok (떡), des morceaux de gâteaux de riz. Ce sont d’ailleurs des tteok spéciaux pour le patbingsu. En général on est étonné de manger des haricots rouges dans un mélange sucré, mais ça s’accorde, car les féculents sont proches des sucres. Le patbingsu se mange dans une grande coupe, et se partage à plusieurs, ce qui en fait un moment très convivial. Il y a des variations de ce plat, puisque l’on voit désormais des gwa-ilbingsu (과일빙수), où les haricots sont remplacés par des fruits (gwa-il), par exemple. C’est très rafraîchissant l’été. À essayer. On peut se demander alors si ce plat est vraiment traditionnel, notamment à des époques où les congélateurs n’existaient pas pour faire de la glace estivale. On ne va pas à Eoreumgol (어름 골) (la vallée des glaces, une vallée qui garde de la glace même en été suite à un phénomène naturel), non, on construit des seokbinggo (석빙고), des entrepôts de glace, que l’on rempli évidemment l’hiver et qui conservent la glace jusqu’en été, tout comme en occident faisaient les livreurs de glace. On peut encore admirer un de ces seokbinggo âgé de plus de 1500 ans dans la ville de Gyeongju.

Prénoms coréens

On ne les choisit pas sur un calendrier comme on le faisait en France, le système pour donner un prénom à son enfant ici est un peu plus compliqué.

Un nom coréen est composé en général de trois syllabes. La plus reconnaissable, c’est la première, celle du nom de famille, qui est celui du père de la personne, comme en France. Pour ce qui est des noms de famille coréens, cliquez ici.

Les deux syllabes suivantes composent le prénom. L’une sert à tous les enfants de même sexe de la génération, qui ont donc tous la même, et l’autre est la partie vraiment personnelle. Mais c’est parfois l’avant-dernière, parfois la dernière. Si c’est la dernière à une génération, c’est l’avant-dernière à la suivante, et de nouveau la dernière à celle d’après. Et la syllabe de la génération suit un cycle bien précis au fil des générations. Il y en a une liste différente selon les familles. Ces syllabes sont utilisées une à une, dans l’ordre, à chaque génération, et la liste terminée on recommence du début.

Heureusement, pour aider les Coréens, il y a des spécialistes pour inventer des noms. Car il faut être un spécialiste des caractères chinois, puisque toutes les syllabes représentent une signification et un son qu’il faut harmoniser, même le nombre de trait de chaque caractère étant important. Donc on a aussi des phénomènes de mode et des prénoms populaires pour ceux qui ont le même nom de famille, puisque c’est difficile, autant donc utiliser une combinaison déjà trouvée.

En conséquence il y a beaucoup d’homonymes en Corée. Deux syllabes identiques en coréen pouvant venir de plusieurs caractères chinois différents, écrire le prénom en caractère chinois peut distinguer deux personnes, mais ce n’est pas toujours suffisant en raison de ces phénomènes de mode. Les personnes homonymes sont très nombreuses en Corée, car les noms de famille ne sont pas très nombreux. Et, de même, il est pratiquement impossible d’être sûr de la signification d’un prénom coréen sans son écriture en caractères chinois.

Il est à noter que les Coréens sont un peu plus libres ces temps-ci quant à la tradition. Il y a même des Coréens dont le prénom fait une syllabe ou trois syllabes, ou encore dont le prénom ne peut pas s’écrire en caractères chinois car ce sont des prénoms en pure langue coréenne, comme 하늘, haneul, le ciel, ou 이술, Isul, la rosée.

D’autre part, certains jouent sur la prononciations du nom de famille Kim, 김, dont le caractère chinois 金 correspondant peut aussi se prononcer en coréen geum, 금. Peu de caractères chinois ont cette propriété en coréen, et 金 est un de ceux-là. Il signifie « or », le métal précieux. Certains coréens ont un nom de famille en deux syllabes, et auront donc en conséquence plus souvent un prénom en une seule.

Comme il reste encore difficile de trouver quelqu’un juste par son nom, le numéro de carte d’identité est très important ici. C’est en fait un numéro à mi-chemin entre le numéro de carte d’identité et de sécurité sociale. Le seul moyen de savoir à qui on a affaire, et donc les annuaires téléphoniques, quand ils existent, ne sont pas utilisés par les Coréens.

Poubelle

Très difficile de se débarrasser des papiers de bonbons, emballages, boîtes de boissons et autres mégots : les poubelles de rues sont rares, surtout à Séoul. Et cela n’est pas près de s’améliorer : c’est une politique de la ville de Séoul pensant pousser les gens à réduire le volume de leurs déchets en diminuant le nombre de poubelles publiques… En 1995, il y en avait dans les 9000, elles ne sont plus que 4000 en 2007. Pour une ville de 10 millions d’habitants… Heureusement depuis 2009, la situation s’améliore et le nombre de poubelles augmente de nouveau. Elles sont en général placées près des arrêts de bus.

Q

Quatre

Quatre est le nombre porte-malheur en Corée. Tout simplement parce que quatre en sino-coréen (四) se prononce sa (사) comme le caractère sino-coréen 死 qui veut dire « mort ».

R

S

Sacs poubelle

Ici on recycle. Mettez vos plastiques dans un sac plastique ou à même le sol le soir, ainsi que vos papiers, cartons et autres recyclables. Pour les autre déchets, il faut impérativement les emballer dans un sac prévu à cet effet, qu’on achète à la supérette du coin sous le nom de sseurégi bongtu (쓰레기 봉투). C’est une façon de payer le travail des éboueurs, que vous verrez se balader avec de vieux chariots à bras, dont un vieux pneu sert de frein. Système qui  l’air primitif, mais il n’y a rien de mieux pour passer dans les toutes petites ruelles escarpées qui sont légions y compris dans les grandes villes.

Salle de bain

Les salles de bain coréennes sont entièrement innondables. Le sol est carrelé et étanche, avec un trou d’évacuation des eaux usées. Avantages : très facile de nettoyer le sol, les enfants peuvent jouer dans le bain sans qu’on ait crainte des fuites chez le voisin. On peut tout asperger à volonté. Inconvénient : le sol mouillé est glissant, ne pas oublier de mettre les petits chaussons de plastique toujours présents à l’entrée de cette salle d’eau pour éviter de glisser. Autre inconvénient, il y a une marche à l’entrée, pour empêcher l’eau de sortir. Gare aux orteils.

Séoulien (-ienne)

Les Séouliens sont les habitants de Séoul. À ne pas confondre avec les Séoulites, qui, eux, sont des anglicismes…

Soldats américains

Vous avez certainement déjà vu, ou bien vous allez voir, au fil de ces pages que j’ai l’air d’avoir une dent contre eux. Je modère ici mes propos. Premièrement, les soldats sont des soldats, et il ne faut pas s’attendre de leur part à être autre chose, surtout pas des docteurs en physique nucléaire ou des conseillers en diplomatie est-asiatique. S’ils ne s’intéressent pas à la culture coréenne, eh bien c’est leur droit. Deuxièmement, même s’ils ont une ou des attitudes qui font hérisser le poil à plus d’un, il faut quand même rappeler et ne pas perdre de vue que ce sont ces mêmes soldats qui sont prêts à donner leur vie pour protéger la Corée en cas d’attaque du nord… Troisièmement, ce n’est pas parce que des lois statistiques font tout généraliser qu’il faut partir avec des a priori et autres préjugés et qu’on ne doit pas traiter les choses au cas par cas (ici, selon chaque individu) sous prétexte que la masse… J’en ai rencontré des sympas et très intelligents (pour preuve, j’en ai même rencontré un qui parlait français, si ça c’est pas une preuve d’intelligence…).

Stationnement interdit

En Coréen : jucha geumji (주차 금지 : 駐車 禁止 ou 金地 ?). Le mot le plus vu à côté des voitures… en stationnement.

T

Tabac 

Les Américains, frustrés au moins autant que nous de la cigarette en leur pays, le disent : la Corée est le paradis des fumeurs. Mais pas n’importe lesquels : les fumeurs de cigarettes. Les chauffeurs de bus fument au volant (voir Vie Quotidienne, les Transports en Commun). On trouve des cigarettes à vendre partout (à partir de 2 000 wons environ le paquet local) dans les cafés, restaurants où on peut fumer, tant pis pour les autres clients, et jusque dans certaines pharmacies (si, si, je vous jure !). Les fumeurs de pipe ne pourront pas trouver de tabac, quant aux cigares, leur prix est excessif. Traditionnellement, un jeune ne fume pas devant un aîné, plus généralement, un Coréen devant un autre de statut social supérieur. Les étrangers sont exemptés de cette règle (sauf s’ils travaillent dans une compagnie coréenne et que leur statut est précaire !). On ne jette pas les mégots par terre ! On les éteint et les met dans une poubelle. S’il n’y en a pas à l’horizon (ce qui est fréquent), on les fait patienter dans sa poche. Les Coréens fument comme des pompiers, et c’est peu de le dire. MAIS : les femmes ne fument pas ! (pas officiellement du moins). Même étrangères. Seuls endroits tolérés : Itæwon (이태원) (mais ce n’est déjà plus la Corée), Myeongdong (명동) et Dæhangno (대학로) (endroits « jeunes ») à Séoul, chez soi (si le mari veut bien… c’est-à-dire n’est pas coréen) et anciennement les cafés (s’il n’y a pas dans les parages de Coréen plus âgé susceptible de « rappeler » les bonnes manières). Point. Pourquoi cette ségrégation ? Une femme qui fume c’est bien au-delà de la grossièreté. En Corée et selon le confucianisme, la femme doit sacrifier tout plaisir personnel pour sa famille. Fumer étant vu comme un plaisir égoïste, aucune femme (jusqu’à un âge avancé) ne peut se permettre d’oublier ainsi et au grand jour sa place dans la société coréenne. De plus, une jeune Coréenne se doit de rester pure, pour pouvoir offrir un corps sain aux enfants qu’elle portera. C’est son rôle dans la société. Fumer lui est donc interdit car la cigarette souille son corps… Toute jeune femme prise en flagrant délit recevra une leçon, par violence verbale si elle est chanceuse, par violence physique sinon. Non, fumer n’est pas bon pour la santé des Coréennes… Il faut aussi noter que les lois anti-tabac se répandent aussi au pays du matin clair, avec désormais interdiction de fumer dans les abribus, et même près des arrêts de bus. On peut voir aussi des interdictions de fumer devant les écoles… Il est désormais interdit de fumer dans tout bâtiment public ou ouvert au public. Il n’est plus possible de fumer dans les cafés, restaurants ou bars coréens.

Traverser la route

Vu le trafic et la façon de conduire des Coréens, les piétons respectent les feux, un policier pouvant à l’occasion vous rappeler à l’ordre. Le feu passe au vert, on traverse, on a juste le temps. Au bout d’une seconde le feu est déjà passé au vert clignotant. Si vous n’êtes pas déjà engagé, il ne vous reste qu’à courir pour atteindre l’autre trottoir ou qu’à attendre 10 min le prochain feu vert.

U

V

Viande de chien

Devant les polémiques qui ressurgissent de temps en temps, je crois qu’il est bon de mettre les choses au point.

  • Oui, les Coréens mangent du chien, mais ils ne sont pas les seuls au monde.
  • Manger du chien n’est pas pire que manger du bœuf (demandez à un habitant de l’Inde ce qu’il en pense), du cheval (demandez à un Anglais), des grenouilles ou des escargots. Ce n’est pas la peine de montrer un chien dépecé pour dégoûter les gens, comme j’ai déjà vu sur Internet. C’est ridicule. On trouve des lapins dépecés sur les marchés français et personne n’y trouve rien à redire.
  • Seule une minorité en a mangé, en mange parfois ou en mangera. C’est ridicule de traiter tous les Coréens de barbares pour les agissements d’une minorité, comme c’est fait un peu partout et un peu trop souvent (reste d’ailleurs encore à prouver que cette minorité est barbare).
  • Le chien consommé est un animal d’une race particulière et est élevé pour être mangé. Ce n’est pas le petit toutou à sa mémère qui aurait été enlevé.
  • On trouve de la viande de chien seulement dans des restaurants spécialisés. Pas de viande dans les supermarchés, ni dans la cuisine de la ménagère coréenne.
  • Oui, le chien est généralement torturé à mort, car on pense que l’adrénaline rend sa chair meilleure. Les Coréens sont critiquables sur ce point. Mais avant d’aller hurler à l’abomination, il faudrait d’abord faire le ménage en France chez les producteurs de foie gras (vous avez déjà vu gaver une oie ou un canard ? C’est pas de la torture, ça ? Et en plus, ça dure longtemps…), les importateurs de cuisses grenouilles (les pauvres batraciens sont coupés en deux vivants), et je ne parle pas de la corrida qui n’a même pas l’excuse gastronomique. Ignorer ce qui se passe en France sous prétexte qu’on est tellement habitué à la culture française qu’on l’admet ; et attaquer la Corée parce qu’on refuse d’accepter qu’une culture, qui n’est pas pire, soit différente, est de l’étroitesse d’esprit, si ce n’est du racisme, na !

W

X

Y

Z

Zen (Bouddhisme)

Le bouddhisme coréen est une variante du bouddhisme zen, appelé ici seon (선, 禪). C’est donc un bouddhisme mahayana, grand véhicule, en coréen dæseung (대승, 大乘). L’ordre le plus influent est l’ordre Jogyé (조계종, 曹溪宗), du temple du même nom, Jogyésa (조계사, 曹溪寺), situé en plein Séoul.

Le bouddhisme a été introduit en 372, en provenance du Qin antérieur, dans une péninsule ou le chamanisme était la religion. Mais ne s’opposant pas aux rites chamanistes, il s’y mélangea. Et donc les lieux supposés héberger des esprits de la religion chamane devinrent des sites de temples bouddhistes. D’ailleurs, les trois esprits particulièrement importants pour le chamanisme, à savoir l’esprit de la montagne, l’esprit reclus et l’esprit des sept étoiles, furent acceptés par le bouddhisme et possèdent aujourd’hui encore leurs lieux de culte dans l’enceinte même des temples.

Jusqu’à la fin du XIVe siècle, le bouddhisme a été très bien accepté. Mais à partir de 1392, avec l’avènement du royaume confucianiste de Joseon, le bouddhisme commença à être persécuté. Les persécutions cessèrent seulement à la fin du XVIe siècle, lorsque les moines bouddhistes participèrent à la protection du pays contre les Japonais lors des guerres d’Imjin. Et c’est seulement au cours du XXe siècle que le bouddhisme coréen regagna ses lettres de noblesse.

Zorro

Héros américain à l’époque où les Espagnols régnaient encore sur la Californie. N’a absolument aucun rapport avec la Corée.